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RAAI Formation
Lecture de plan industriel · cours 11 sur 18 · 8 min de lecture

Lire les cotes

À la fin de ce chapitre, vous saurez :
• nommer les éléments d'une cote et lire sa valeur dans la bonne unité ;
• reconnaître les symboles Ø, R, SØ, SR, □ et t ;
• distinguer une cote de référence, une cote encadrée et une cote hors échelle ;
• lire une cotation en série, en parallèle et par coordonnées ;
• trouver les cotes d'encombrement d'une pièce et lire une cote angulaire.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

1. La cote est la seule vérité du plan

Une cote est une dimension écrite sur le plan : une longueur, un diamètre, une position, un angle. C'est elle qui dit ce qu'il faut fabriquer, pas le dessin. Le dessin peut être imprécis, réduit à la photocopie, agrandi à l'écran, déformé par une imprimante ; la cote, elle, ne change pas.

Schéma : Lire les cotes
Règle d'or : on ne mesure jamais sur un plan. Si une dimension dont vous avez besoin n'est pas écrite, on la calcule à partir des cotes écrites (chapitre suivant), ou on la demande au bureau d'études. Un réglet posé sur la feuille donne au mieux une idée, jamais une cote.

Les règles de présentation des cotes sont fixées par la norme ISO 129-1. Elles sont les mêmes dans tous les pays qui l'appliquent : un plan coté en France se lit de la même façon en Allemagne ou en Espagne.

2. Les éléments d'une cote

Le schéma d'ouverture reprend la vue de face du SV-40 avec quelques cotes. Prenez la cote 120, en bas : elle se compose de quatre éléments.

Les lignes d'attache

Deux traits fins, perpendiculaires à la dimension, qui prolongent les arêtes à coter hors de la vue. Elles dépassent la ligne de cote de 2 à 3 mm. Un petit espace peut les séparer de la pièce.

La ligne de cote

Un trait fin, parallèle à la dimension mesurée, tendu entre les deux lignes d'attache. Elle ne se confond jamais avec un contour ou un axe.

Les extrémités

En mécanique, des flèches pleines dont la pointe touche la ligne d'attache. Quand la place manque, les flèches se placent à l'extérieur et la ligne de cote se prolonge.

La valeur

Le nombre, écrit au-dessus de la ligne de cote et parallèlement à elle, lisible depuis le bas ou depuis la droite de la feuille. C'est la dimension réelle de la pièce, quelle que soit l'échelle du dessin.

Pour désigner une petite forme (un congé, un chanfrein, un trou), on utilise aussi une ligne de repère : un trait fin terminé par une flèche sur la forme, avec l'indication au bout. C'est le cas du R3 du congé sur le schéma, ou de l'indication « M8 ↧10 » du taraudage vue au chapitre précédent.

3. Les unités

En mécanique, toutes les longueurs sont en millimètres, et l'unité n'est pas écrite. « 120 » veut dire 120 mm, « 0,5 » veut dire un demi-millimètre. Si un plan utilise une autre unité (pouces, par exemple), c'est indiqué clairement, en général dans le cartouche. Les angles sont en degrés, avec le symbole ° écrit à chaque fois : 45°, 90°, 120°. Pour plus de finesse, on trouve des minutes (′) ou des décimales de degré.

4. Les symboles devant la valeur

Un symbole placé devant la valeur indique la forme cotée. Il évite souvent de dessiner une vue de plus.

Schéma : huit vignettes. Un axe coté Ø20, un arrondi coté R15, un bout sphérique coté SØ60, une section carrée cotée □20 avec la croix fine du plat ; une cote de référence (120) entre parenthèses au-dessus de 20 + 100 ; une cote théoriquement exacte 60 encadrée ; une cote 180 soulignée ; la cote angulaire 45° de la nervure du SV-40
Le symbole annonce la forme ; la présentation (parenthèses, cadre, soulignement) annonce le statut de la cote.
Ø
diamètre d'un cylindre ou d'un trou : Ø20 H7
R
rayon d'un arc : R3 pour le congé du SV-40
SØ
diamètre d'une sphère (S pour sphère)
SR
rayon d'une sphère
□
côté d'une section carrée : □20
t
épaisseur d'une pièce plate (tôle) : t = 2

D'autres indications se lisent de la même façon : M pour un filetage métrique (M8), 4× pour une forme répétée quatre fois (4× Ø11), 1 × 45° pour un chanfrein de 1 mm à 45°, et les symboles de lamage, de fraisure et de profondeur vus au chapitre des perçages.

5. Trois statuts de cote à reconnaître

Une cote écrite normalement est tolérancée : soit une tolérance est écrite à côté (Ø20 H7), soit elle suit la tolérance générale inscrite dans le cartouche. Pour le SV-40, c'est l'ISO 2768-mK. Trois présentations changent ce statut.

(120) : cote de référence

Entre parenthèses. Elle est donnée pour information, parce qu'elle se déduit d'autres cotes (ici 20 + 100). Elle n'a pas de tolérance et ne se contrôle pas : ce sont les cotes dont elle découle qui comptent.

Cote encadrée : théoriquement exacte

Dans un cadre rectangulaire. Elle donne une position ou une forme parfaite, sans tolérance propre. L'écart permis est donné par une tolérance géométrique (position, localisation), vue dans un chapitre ultérieur.

Cote soulignée : hors échelle

Soulignée d'un trait. La valeur a été modifiée sans que le dessin soit corrigé : le dessin n'est plus à l'échelle à cet endroit. On fait confiance à la valeur, jamais au dessin.

6. Comment les cotes sont disposées

Schéma : trois fois la plaque du SV-40 en vue de dessus. À gauche, cotation en série des trous (12, 96, 12) avec (120) en référence ; au centre, cotation en parallèle depuis le bord gauche (12, 108, 120) ; à droite, cotation par coordonnées avec une origine au coin avant gauche, les trous numérotés de 1 à 6 et un tableau X, Y, forme
Mêmes trous, même pièce : seule la façon d'écrire les positions change, et avec elle la façon dont les écarts s'additionnent.

En série

Les cotes se suivent bout à bout : 12, puis 96, puis 12. Simple à lire, mais chaque cote part de la précédente : les écarts de fabrication s'additionnent le long de la chaîne. On la réserve aux cas où seule la distance entre deux formes voisines compte.

En parallèle

Toutes les cotes partent d'une même référence, ici le bord gauche : 12, 108, 120. Chaque position est indépendante : une erreur sur l'une ne se reporte pas sur les autres. C'est la disposition préférée quand la référence est une face d'appui ou un bord de mise en position.

Par coordonnées

Une origine (0) et deux directions X et Y. Chaque forme reçoit un repère, et un tableau donne ses coordonnées. Pratique quand il y a beaucoup de trous, et directement exploitable en commande numérique. Sur le SV-40, le taraudage M8 (repère 5) est à X = 30 et Y = 20 du coin avant gauche.

Il existe aussi la cotation superposée : une seule ligne de cote part de l'origine (marquée 0) et chaque position est écrite au bout de sa ligne d'attache. Elle se lit comme une cotation en parallèle, mais prend moins de place.

7. Les cotes d'encombrement

Les cotes d'encombrement sont les dimensions hors tout de la pièce : la plus grande longueur, la plus grande largeur, la plus grande hauteur. Pour le SV-40 : 120 × 80 × 35. Elles servent à choisir et à débiter le brut, à prévoir le montage sur la machine, à vérifier que la pièce passe dans son logement ou dans un bac de rangement. Sur la vue de face du schéma d'ouverture, la hauteur totale de 35 est cotée directement ; la hauteur du bossage au-dessus de la plaque (20) ne l'est pas : elle se calcule, comme on le verra au chapitre suivant.

8. Les cotes angulaires

Un angle se cote par un arc de cercle centré sur le sommet de l'angle, tendu entre les deux côtés (ou leurs prolongements), avec la valeur en degrés. Sur le SV-40, la face inclinée de la nervure fait 45° avec la face du bossage. Pour un chanfrein, la longueur et l'angle sont souvent réunis dans une seule indication : 1 × 45°.

9. Méthode : lire les cotes d'une vue

  1. 1.Repérez les cotes d'encombrement : elles vous donnent la taille de la pièce en un coup d'œil.
  2. 2.Repérez la ou les références : le bord ou la face d'où partent la plupart des cotes, l'origine d'un tableau de coordonnées.
  3. 3.Pour chaque forme, cherchez sa dimension (Ø, R, largeur, profondeur) et sa position (distance à la référence ou à un axe). Une forme n'est cotée qu'une seule fois, sur la vue où elle se lit le mieux : si vous ne la trouvez pas sur une vue, cherchez sur les autres.
  4. 4.Notez le statut de chaque cote : tolérance écrite, tolérance générale du cartouche, référence entre parenthèses, cote encadrée.
  5. 5.Si une dimension utile manque, calculez-la à partir des cotes écrites, ou posez la question. Ne la mesurez jamais sur la feuille.
Mesurer sur un plan est la cause d'erreur la plus bête et la plus fréquente. Un plan imprimé en A4 alors qu'il est dessiné en A3 n'est plus à l'échelle 1:1.
Une cote entre parenthèses ne se contrôle pas et ne se « rattrape » pas : si elle ne tombe pas juste, c'est qu'une des cotes dont elle découle est hors tolérance.
Ne confondez pas Ø et R : Ø20 correspond à R10. Une erreur ici double ou divise par deux la forme.
En cotation en série, ne fabriquez pas en enchaînant les cotes si la pièce a une référence : partez de la référence et calculez chaque position, vous éviterez d'additionner les écarts.
Une cote soulignée signale un dessin faux à cet endroit : ne vous fiez pas aux proportions du dessin pour repérer la forme.

10. Pour aller plus loin

À retenir
  • Une cote = lignes d'attache fines, ligne de cote fine, flèches, valeur au-dessus. Longueurs en mm sans unité écrite, angles en degrés.
  • Symboles : Ø diamètre, R rayon, SØ et SR sphère, □ carré, t épaisseur ; 4× pour une répétition.
  • (120) = cote de référence, sans tolérance ; cote encadrée = théoriquement exacte ; cote soulignée = hors échelle.
  • Série : les écarts s'additionnent. Parallèle : tout part d'une référence. Coordonnées : origine + tableau.
  • Encombrement du SV-40 : 120 × 80 × 35. On ne mesure jamais sur le plan : on calcule ou on demande.

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