Le cartouche et la nomenclature
À la fin de ce chapitre, vous saurez :
• trouver dans un cartouche le titre, le numéro, l'indice, la matière, l'échelle, le symbole de projection, la tolérance générale, le traitement, la masse et les visas ;
• calculer ce que vaut une cote sans tolérance quand le plan renvoie à l'ISO 2768-1 ;
• lire une nomenclature et relier chaque bulle du dessin à sa ligne ;
• retrouver le plan de définition d'une pièce à partir d'un plan d'ensemble.
1. Le cartouche, carte d'identité du plan
Le cartouche est le tableau placé en bas à droite de chaque feuille de plan. C'est la première chose à lire, avant même de regarder le dessin. Il dit de quelle pièce il s'agit, dans quelle version, en quelle matière, à quelle échelle, qui l'a dessinée et vérifiée. La norme ISO 7200 définit les informations qu'il doit contenir ; la présentation exacte change d'une entreprise à l'autre, mais on retrouve toujours les mêmes rubriques.
La zone d'identification, qui regroupe le titre, le numéro, l'indice et le nom de l'entreprise propriétaire, se place dans le coin inférieur droit et ne dépasse pas 180 mm de large. Ainsi, quand on plie un grand plan au format A4 pour le classer, le cartouche reste visible sur le dessus. Le schéma ci-dessus reprend le cartouche du support de vérin SV-40 et numérote chaque rubrique.
2. Les rubriques à connaître
Titre et numéro de plan
Indice
Matière
Échelle et format
Symbole de projection
Tolérance générale
Traitement
Masse
Visas et date
On trouve souvent d'autres rubriques : le numéro de feuille (1/1, 1/2…), l'état de surface général (Ra 3,2 pour le SV-40, c'est-à-dire la rugosité admise partout où rien d'autre n'est indiqué), le nom du projet ou du client, et une mention de propriété qui interdit de diffuser le plan hors de l'entreprise.
3. La tolérance générale : ce que vaut une cote sans tolérance
Aucune pièce n'est fabriquée exactement à la cote. Toute cote a donc une tolérance : l'écart admis autour de la valeur écrite. Certaines cotes portent leur tolérance écrite à côté (comme le Ø20H7 de l'alésage). Les autres, très nombreuses, sont écrites seules : 120, 80, 15… Pour elles, on applique la tolérance générale indiquée dans le cartouche.
La norme ISO 2768-1 propose quatre classes de précision pour les dimensions linéaires : f (fine), m (moyenne), c (grossière) et v (très grossière). L'écart admis dépend de la classe et de la longueur mesurée : plus une cote est grande, plus l'écart admis est large. La classe m est la plus répandue en mécanique générale.
Appliquons au SV-40. La longueur 120 tombe dans la tranche « plus de 30 à 120 » : elle est bonne entre 119,7 et 120,3. Même chose pour la largeur 80, les entraxes de 96 et de 56, le diamètre du bossage Ø40 et la hauteur totale 35. L'épaisseur 15 et les trous Ø11 sont dans la tranche « plus de 6 à 30 » : ±0,2. La même partie de la norme donne aussi des écarts pour les petits rayons et chanfreins : en classe m, un chanfrein de 1 mm est admis à ±0,2 mm.
La première partie de la norme couvre aussi les angles non tolérancés. Ici, l'écart admis dépend de la longueur du plus court des deux côtés de l'angle. En classe m : ±1° jusqu'à 10 mm, ±0°30' de plus de 10 à 50 mm, ±0°20' de plus de 50 à 120 mm, ±0°10' de plus de 120 à 400 mm. Le symbole ' se lit « minute » : un degré compte 60 minutes, donc 0°30' vaut un demi-degré.
Sur le SV-40, le dessus incliné de la nervure est coté 45° sans tolérance. Ses côtés mesurent une vingtaine de millimètres : on est dans la tranche « plus de 10 à 50 mm », et l'angle est bon entre 44°30' et 45°30'. Au rapporteur d'atelier, qui se lit au degré près, cela signifie qu'une nervure lue à 44° ou à 46° est à reprendre ou à contrôler avec un moyen plus précis.
Et la lettre K de « mK » ? Elle renvoie à la seconde partie de la norme, ISO 2768-2, qui fixe des tolérances générales de forme et de position : planéité, rectitude, perpendicularité, symétrie… Elle propose trois classes : H, K et L, de la plus fine à la plus large. Ces notions seront développées dans les chapitres sur la cotation.
4. La nomenclature et les bulles
Un plan d'ensemble montre plusieurs pièces. Pour savoir ce qu'est chacune d'elles, on utilise la nomenclature : un tableau qui liste toutes les pièces de l'ensemble, une ligne par pièce. Sur le dessin, chaque pièce est désignée par un repère, un numéro écrit dans un cercle appelé bulle, relié à la pièce par un trait fin terminé par un point posé sur elle.
Rep.
Nb
Désignation
Matière
Référence
Quand la nomenclature est dessinée sur le plan, elle est posée juste au-dessus du cartouche, et elle se lit de bas en haut : le repère 1 est sur la ligne la plus basse, la ligne des titres de colonnes est collée au cartouche. On peut ainsi ajouter une pièce au-dessus sans tout redessiner. Pour les gros ensembles, la nomenclature est souvent un document séparé, parfois tiré directement du logiciel de gestion de production.
Du plan d'ensemble au plan de définition
5. Pour aller plus loin
- Le cartouche, en bas à droite, se lit en premier : titre, numéro, indice, matière, échelle, format, projection, tolérance générale, traitement, masse, visas.
- La tolérance générale s'applique à toutes les cotes sans tolérance écrite, et à elles seules.
- ISO 2768-1 classe m : ±0,2 de plus de 6 à 30 mm, ±0,3 de plus de 30 à 120 mm, ±0,5 de plus de 120 à 400 mm.
- La lettre K de « mK » renvoie aux tolérances générales de forme et de position (ISO 2768-2).
- Nomenclature : repère, nombre, désignation, matière, référence ; elle se lit de bas en haut au-dessus du cartouche.
- Bulle → ligne de nomenclature → numéro de plan → plan de définition.
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