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RAAI Formation
Lecture de plan industriel · cours 3 sur 18 · 9 min de lecture

Formats, échelles, traits et écriture

À la fin de ce chapitre, vous saurez :
• reconnaître les formats A0 à A4 et leurs dimensions ;
• repérer le cadre, les repères de centrage et l'emplacement du cartouche d'une feuille ;
• lire une échelle normalisée et expliquer pourquoi on ne mesure jamais un plan au réglet ;
• identifier chaque type de trait et dire ce qu'il représente ;
• connaître les règles de base de l'écriture normalisée.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

1. Les formats de feuille

Les plans sont dessinés sur des feuilles de taille normalisée, les formats de la série A. Le plus grand, l'A0, mesure 841 × 1189 mm, soit une surface d'un mètre carré. Chaque format s'obtient en coupant le précédent en deux dans sa longueur : un A0 donne deux A1, un A1 donne deux A2, et ainsi de suite jusqu'à l'A4, la feuille de bureau. Toutes ces feuilles ont les mêmes proportions, ce qui permet d'agrandir ou de réduire un plan d'un format à l'autre sans le déformer.

Schéma : Formats, échelles, traits et écriture
A0
841 × 1189 mm
A1
594 × 841 mm
A2
420 × 594 mm
A3
297 × 420 mm
A4
210 × 297 mm

Le format se choisit selon la taille de la pièce et la quantité d'informations à faire tenir. Le plan du support SV-40 est sur un A3 : la pièce, qui mesure 120 × 80 mm, y tient en trois vues à l'échelle 1:1 avec toutes ses cotes. À l'atelier, l'A3 et l'A4 sont les plus courants ; les grands formats servent surtout aux plans d'ensemble et d'implantation.

2. Le cadre et les repères de la feuille

La norme ISO 5457 fixe la présentation des feuilles. Le dessin n'occupe pas toute la surface : il est entouré d'un cadre tracé en trait fort. La marge est de 20 mm à gauche, pour pouvoir relier ou perforer la feuille, et de 10 mm sur les trois autres bords. Le cartouche se loge dans le coin inférieur droit du cadre.

Au milieu de chaque côté, un petit trait fort part du bord de la feuille et dépasse légèrement à l'intérieur du cadre : ce sont les repères de centrage. Ils servent à positionner la feuille pour la reproduire ou la numériser. Sur les grands formats, la marge porte aussi une grille de repérage : des lettres sur un côté, des chiffres sur l'autre, comme sur une carte routière. On peut alors dire « le détail est en C4 » pour désigner une zone précise du plan.

3. Les échelles

L'échelle est le rapport entre une longueur mesurée sur le dessin et la longueur réelle correspondante. Elle s'écrit sous la forme de deux nombres séparés par deux points : le premier concerne le dessin, le second la pièce. La norme ISO 5455 recommande une série de valeurs, pour que tout le monde utilise les mêmes.

Grandeur réelle

1:1. Un millimètre sur le dessin vaut un millimètre sur la pièce. C'est l'échelle à privilégier dès que la pièce tient sur la feuille. C'est le cas du SV-40.

Réductions

1:2, 1:5, 1:10, puis 1:20, 1:50, 1:100… Le dessin est plus petit que la pièce. À 1:5, une longueur de 500 mm est dessinée sur 100 mm. Pour les grandes pièces, les ensembles, les implantations.

Agrandissements

2:1, 5:1, 10:1, puis 20:1, 50:1. Le dessin est plus grand que la pièce. À 5:1, une longueur de 4 mm est dessinée sur 20 mm. Pour les petites pièces et les détails.

L'échelle générale du plan est écrite dans le cartouche. Quand un détail est dessiné à une autre échelle, par exemple une gorge agrandie, cette échelle particulière est écrite à côté du détail. Point essentiel : quelle que soit l'échelle, les cotes indiquent toujours les dimensions réelles de la pièce. La longueur du SV-40 est cotée 120 sur un dessin au 1:2 comme sur un dessin au 2:1.

Schéma : la vue de face du SV-40 dessinée trois fois, à l'échelle 1:2, 1:1 et 2:1, de plus en plus grande, avec toujours la même cote 120. En dessous, un encadré orange montre un réglet posé sur un plan A3 imprimé en A4 : la cote 120 n'y mesure plus que 85 mm. Message : on lit la cote écrite, on ne mesure jamais le dessin.
Le dessin change de taille, la cote ne change jamais : elle donne toujours la dimension réelle.
Ne mesurez jamais un plan au réglet pour trouver une dimension. Le plan a pu être imprimé réduit : un A3 imprimé sur une feuille A4 est réduit d'environ 30 %, et la longueur 120 du SV-40 n'y mesure plus que 85 mm. Le papier se déforme aussi avec l'humidité.
Si une dimension dont vous avez besoin n'est pas cotée, ce n'est pas à vous de la deviner : elle se calcule à partir d'autres cotes, ou bien le plan est incomplet et il faut le signaler.
Sur un plan au 2:1, une pièce dessinée « grosse » peut être minuscule. Lisez l'échelle avant d'aller chercher la matière ou de choisir la machine.

4. Les types de traits

Sur un plan, chaque trait a un sens. Sa forme (continu, interrompu, mixte) et son épaisseur (fort ou fin) disent ce qu'il représente. Ces conventions sont fixées par la norme ISO 128. Un trait fort est deux fois plus épais qu'un trait fin, par exemple 0,5 mm et 0,25 mm, ou 0,7 mm et 0,35 mm. Savoir reconnaître les traits, c'est savoir ce qui est une arête, ce qui est caché, ce qui est un axe et ce qui n'est qu'une indication.

Schéma : à gauche, six échantillons de traits avec leur nom et leur emploi (continu fort, continu fin, interrompu fin, mixte fin, mixte fort, fin à main levée ou zigzag). À droite, la vue de face du SV-40 cotée 120 et 15, avec des flèches orange qui désignent un contour vu en continu fort, l'alésage caché en interrompu fin, l'axe en mixte fin, et la cote avec ses lignes d'attache en continu fin.
Sur la vue de face du SV-40, l'alésage Ø20, qui est à l'intérieur de la pièce, apparaît en traits interrompus.

Continu fort

Les arêtes vues et les contours vus : tout ce que l'on voit de la pièce depuis le point d'observation. C'est le trait qui « dessine » la pièce.

Continu fin

Les lignes de cote et les lignes d'attache (qui prolongent une arête jusqu'à la cote), les hachures des coupes, les traits de repère vers les bulles.

Interrompu fin

Les arêtes et contours cachés : ce qui existe mais que l'on ne voit pas, parce que c'est derrière ou à l'intérieur de la matière. Sur le SV-40 : l'alésage, la rainure du dessous, les trous lamés vus de face.

Mixte fin

Un trait long, un point, un trait long. Les axes (d'un trou, d'un cylindre), les plans de symétrie, les trajectoires et les cercles sur lesquels sont répartis des trous.

Mixte fort

Il signale une surface à spécification particulière : une zone à traiter thermiquement, une portion de surface soumise à une exigence précise. Il est tracé à côté de la surface concernée.

Fin à main levée ou zigzag

La limite d'une vue partielle ou d'une vue interrompue : on ne dessine qu'un morceau de la pièce, ou on coupe une pièce très longue pour la faire tenir sur la feuille.

Un septième trait à connaître

Le mixte fin à deux points (un trait long, deux points) dessine les pièces voisines, qui ne font pas partie du plan mais aident à comprendre, et les positions extrêmes d'une pièce mobile, par exemple la course d'un levier.

Quand deux traits tombent au même endroit, on dessine celui qui a la priorité : d'abord le contour vu, puis le contour caché, puis l'axe. Sur la vue de face du SV-40, l'axe de l'alésage passe au milieu des deux traits interrompus : les trois sont visibles car ils ne se superposent pas. En revanche, si une arête cachée tombait exactement sur une arête vue, seule l'arête vue serait dessinée.

Exercice de repérage sur la vue de dessus du SV-40

Sur la vue de dessus du support, cherchez chaque type de trait. Les contours de la plaque, du bossage et des lamages sont en continu fort. Chaque trou porte une croix d'axes en mixte fin, qui dépasse légèrement du cercle. La rainure, qui est dessous, apparaît en deux traits interrompus fins parallèles, à 5 mm de part et d'autre de l'axe. Le taraudage M8 est dessiné par un cercle fort (le perçage) entouré de trois quarts de cercle en continu fin (le fond du filet) : c'est une convention propre aux filetages, que vous verrez plus loin.
Un trait interrompu n'est pas un trait « en option » : il décrit une forme réelle, cachée. L'oublier en lisant, c'est oublier un trou ou une rainure.
Un trait mixte n'est pas une arête : il n'y a pas de matière le long d'un axe. Ne cherchez pas à le mesurer comme un bord.
Un trait fin qui part d'une arête et s'arrête sur une flèche est une ligne d'attache de cote, pas une forme de la pièce.

5. L'écriture normalisée

Les chiffres et les lettres d'un plan doivent être lisibles par tous, même après photocopie ou réduction. La norme ISO 3098 définit une écriture simple, sans fioritures, droite ou penchée de 15° vers la droite. Les hauteurs de caractères sont choisies dans une série : 2,5 ; 3,5 ; 5 ; 7 ; 10 ; 14 ; 20 mm. En pratique, on trouve souvent 3,5 mm pour les cotes et les annotations, et 5 ou 7 mm pour le titre et le numéro de plan.

Pour vous, lecteur, deux conséquences. D'abord, un chiffre mal lu est une pièce ratée : distinguez bien 1 et 7, 3 et 8, 6 et 0, surtout sur un tirage réduit. Ensuite, quand vous écrivez vous-même sur un croquis ou une fiche suiveuse, imitez cette écriture : des chiffres droits, bien séparés, de taille régulière.

6. Pour aller plus loin

À retenir
  • Formats : A0 841 × 1189, A1 594 × 841, A2 420 × 594, A3 297 × 420, A4 210 × 297 ; chaque format est la moitié du précédent.
  • Cadre à 20 mm à gauche et 10 mm ailleurs, repères de centrage au milieu des côtés, cartouche en bas à droite.
  • Échelles : 1:1 ; réductions 1:2, 1:5, 1:10… ; agrandissements 2:1, 5:1, 10:1…
  • Les cotes donnent toujours les dimensions réelles : on ne mesure jamais un plan au réglet.
  • Continu fort = vu ; interrompu fin = caché ; mixte fin = axe ou symétrie ; continu fin = cotes et hachures ; mixte fort = surface à spécification particulière ; zigzag = limite de vue partielle.

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