Formats, échelles, traits et écriture
À la fin de ce chapitre, vous saurez :
• reconnaître les formats A0 à A4 et leurs dimensions ;
• repérer le cadre, les repères de centrage et l'emplacement du cartouche d'une feuille ;
• lire une échelle normalisée et expliquer pourquoi on ne mesure jamais un plan au réglet ;
• identifier chaque type de trait et dire ce qu'il représente ;
• connaître les règles de base de l'écriture normalisée.
1. Les formats de feuille
Les plans sont dessinés sur des feuilles de taille normalisée, les formats de la série A. Le plus grand, l'A0, mesure 841 × 1189 mm, soit une surface d'un mètre carré. Chaque format s'obtient en coupant le précédent en deux dans sa longueur : un A0 donne deux A1, un A1 donne deux A2, et ainsi de suite jusqu'à l'A4, la feuille de bureau. Toutes ces feuilles ont les mêmes proportions, ce qui permet d'agrandir ou de réduire un plan d'un format à l'autre sans le déformer.
Le format se choisit selon la taille de la pièce et la quantité d'informations à faire tenir. Le plan du support SV-40 est sur un A3 : la pièce, qui mesure 120 × 80 mm, y tient en trois vues à l'échelle 1:1 avec toutes ses cotes. À l'atelier, l'A3 et l'A4 sont les plus courants ; les grands formats servent surtout aux plans d'ensemble et d'implantation.
2. Le cadre et les repères de la feuille
La norme ISO 5457 fixe la présentation des feuilles. Le dessin n'occupe pas toute la surface : il est entouré d'un cadre tracé en trait fort. La marge est de 20 mm à gauche, pour pouvoir relier ou perforer la feuille, et de 10 mm sur les trois autres bords. Le cartouche se loge dans le coin inférieur droit du cadre.
Au milieu de chaque côté, un petit trait fort part du bord de la feuille et dépasse légèrement à l'intérieur du cadre : ce sont les repères de centrage. Ils servent à positionner la feuille pour la reproduire ou la numériser. Sur les grands formats, la marge porte aussi une grille de repérage : des lettres sur un côté, des chiffres sur l'autre, comme sur une carte routière. On peut alors dire « le détail est en C4 » pour désigner une zone précise du plan.
3. Les échelles
L'échelle est le rapport entre une longueur mesurée sur le dessin et la longueur réelle correspondante. Elle s'écrit sous la forme de deux nombres séparés par deux points : le premier concerne le dessin, le second la pièce. La norme ISO 5455 recommande une série de valeurs, pour que tout le monde utilise les mêmes.
Grandeur réelle
Réductions
Agrandissements
L'échelle générale du plan est écrite dans le cartouche. Quand un détail est dessiné à une autre échelle, par exemple une gorge agrandie, cette échelle particulière est écrite à côté du détail. Point essentiel : quelle que soit l'échelle, les cotes indiquent toujours les dimensions réelles de la pièce. La longueur du SV-40 est cotée 120 sur un dessin au 1:2 comme sur un dessin au 2:1.
4. Les types de traits
Sur un plan, chaque trait a un sens. Sa forme (continu, interrompu, mixte) et son épaisseur (fort ou fin) disent ce qu'il représente. Ces conventions sont fixées par la norme ISO 128. Un trait fort est deux fois plus épais qu'un trait fin, par exemple 0,5 mm et 0,25 mm, ou 0,7 mm et 0,35 mm. Savoir reconnaître les traits, c'est savoir ce qui est une arête, ce qui est caché, ce qui est un axe et ce qui n'est qu'une indication.
Continu fort
Continu fin
Interrompu fin
Mixte fin
Mixte fort
Fin à main levée ou zigzag
Un septième trait à connaître
Quand deux traits tombent au même endroit, on dessine celui qui a la priorité : d'abord le contour vu, puis le contour caché, puis l'axe. Sur la vue de face du SV-40, l'axe de l'alésage passe au milieu des deux traits interrompus : les trois sont visibles car ils ne se superposent pas. En revanche, si une arête cachée tombait exactement sur une arête vue, seule l'arête vue serait dessinée.
Exercice de repérage sur la vue de dessus du SV-40
5. L'écriture normalisée
Les chiffres et les lettres d'un plan doivent être lisibles par tous, même après photocopie ou réduction. La norme ISO 3098 définit une écriture simple, sans fioritures, droite ou penchée de 15° vers la droite. Les hauteurs de caractères sont choisies dans une série : 2,5 ; 3,5 ; 5 ; 7 ; 10 ; 14 ; 20 mm. En pratique, on trouve souvent 3,5 mm pour les cotes et les annotations, et 5 ou 7 mm pour le titre et le numéro de plan.
Pour vous, lecteur, deux conséquences. D'abord, un chiffre mal lu est une pièce ratée : distinguez bien 1 et 7, 3 et 8, 6 et 0, surtout sur un tirage réduit. Ensuite, quand vous écrivez vous-même sur un croquis ou une fiche suiveuse, imitez cette écriture : des chiffres droits, bien séparés, de taille régulière.
6. Pour aller plus loin
- Formats : A0 841 × 1189, A1 594 × 841, A2 420 × 594, A3 297 × 420, A4 210 × 297 ; chaque format est la moitié du précédent.
- Cadre à 20 mm à gauche et 10 mm ailleurs, repères de centrage au milieu des côtés, cartouche en bas à droite.
- Échelles : 1:1 ; réductions 1:2, 1:5, 1:10… ; agrandissements 2:1, 5:1, 10:1…
- Les cotes donnent toujours les dimensions réelles : on ne mesure jamais un plan au réglet.
- Continu fort = vu ; interrompu fin = caché ; mixte fin = axe ou symétrie ; continu fin = cotes et hachures ; mixte fort = surface à spécification particulière ; zigzag = limite de vue partielle.
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