Filetages, taraudages et perçages
À la fin de ce chapitre, vous saurez :
• distinguer filetage et taraudage, diamètre nominal et pas ;
• reconnaître un filetage et un taraudage dessinés selon la norme ISO 6410 ;
• lire une désignation métrique (M8, M10 × 1) et trouver le foret de perçage ;
• différencier trou débouchant et trou borgne, profondeur taraudée et profondeur de perçage ;
• lire l'indication d'un lamage, d'une fraisure et d'un trou taraudé.
1. Le vocabulaire du filet
Un filet est une saillie en forme d'hélice, comme une rampe qui s'enroule autour d'un cylindre. Selon qu'il est à l'extérieur ou à l'intérieur de la pièce, on ne lui donne pas le même nom.
Filetage
Taraudage
Diamètre nominal
Pas
Le sommet du filet est la partie la plus saillante, le fond la partie la plus creuse. Retenez l'inversion : sur une vis, le sommet est à l'extérieur ; dans un taraudage, le sommet est à l'intérieur, au diamètre du trou percé.
2. Comment on dessine un filet (ISO 6410)
Dessiner chaque filet serait long et illisible. La norme ISO 6410 remplace l'hélice par deux traits : un trait fort pour la matière qu'on touche (le sommet du filet) et un trait fin pour le fond. Le schéma d'ouverture montre les deux cas.
Vis vue de côté
Vis vue en bout
Taraudage en coupe
Taraudage vu en bout
Quand une vis est montée dans un taraudage (sur un dessin d'ensemble en coupe), c'est la vis qui cache le taraudage : sur la longueur vissée, on dessine la vis. Le taraudage n'apparaît qu'au-delà du bout de la vis. Vous l'avez vu au chapitre des coupes : la vis CHc M10-35 qui fixe le SV-40 sur son bâti n'est pas hachurée.
3. Lire une désignation métrique
Le filetage le plus courant en mécanique est le filetage métrique ISO, désigné par la lettre M suivie du diamètre nominal en millimètres. Si le pas n'est pas écrit, c'est le pas gros, le pas normal de ce diamètre. Si un pas est écrit après un signe ×, c'est un pas fin.
Pas gros des filetages métriques courants et diamètre du foret de perçage avant taraudage
Exemples : M8 se lit « métrique, diamètre 8, pas gros de 1,25 ». M10 × 1 se lit « métrique, diamètre 10, pas fin de 1 mm » ; avec la formule, le perçage est de Ø9 et non de Ø8,5. Le pas fin se rencontre quand on veut un réglage précis ou une paroi mince. D'autres indications peuvent suivre : une classe de tolérance (6H pour un taraudage, 6g pour une vis, les plus courantes) ou LH pour un filet à gauche, qui se visse en tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
4. Trous débouchants, trous borgnes et profondeurs
Un trou débouchant traverse la pièce de part en part, comme l'alésage Ø20 du SV-40. Un trou borgne s'arrête dans la matière : il a un fond. Au fond d'un trou borgne percé au foret, il reste la forme conique de la pointe du foret. L'angle réel d'un foret courant est de 118°, mais on la dessine à 120° pour simplifier le tracé.
Un trou taraudé borgne a donc deux profondeurs. Sur le SV-40, le taraudage M8 placé sur le dessus de la plaque, côté gauche, est défini ainsi : profondeur taraudée 10, perçage Ø6,8 profondeur 12. Le perçage est plus profond que le filetage, pour deux raisons : le taraud a une entrée conique qui ne fait pas de filet complet, et il faut une place où les copeaux peuvent tomber. C'est dans ce taraudage que se visse la vis CHc M8-12 qui fixe l'équerre porte-capteur de l'ensemble « Articulation de vérin ».
Attention au vocabulaire : la profondeur de perçage se mesure sur la partie cylindrique du trou, du bord jusqu'au début de la pointe. La pointe vient en plus. Pour estimer sa longueur, retenez qu'elle vaut environ 0,3 fois le diamètre du foret : un peu plus de 2 mm pour un foret de 6,8.
5. Lamages et fraisures
Un lamage est un élargissement cylindrique à fond plat à l'entrée d'un trou. Il sert à loger une tête de vis cylindrique pour qu'elle ne dépasse pas, ou simplement à dresser une petite surface d'appui plane sur une pièce brute. Une fraisure est un élargissement conique à l'entrée d'un trou, pour loger une tête de vis fraisée qui affleure la surface. L'angle courant est de 90°.
Sur les plans récents, ces formes sont indiquées par des symboles (norme ISO 129-1) placés devant le diamètre qu'ils concernent :
Les trous de fixation du SV-40 sont indiqués par 4× Ø11 ⌴Ø18 ↧11. Lisez de gauche à droite : quatre trous identiques, de diamètre 11, débouchants (aucune profondeur n'est donnée pour le Ø11), lamés au diamètre 18 sur une profondeur de 11. Ils reçoivent des vis à tête cylindrique à six pans creux (CHc) M10-35 : la tête, de Ø16 et de 10 mm de haut, disparaît entièrement dans le lamage. Pour une fraisure, on lirait par exemple Ø9 ⌵Ø18 × 90° : trou Ø9, fraisé à Ø18 avec un angle de 90°.
6. Méthode : lire la cotation d'un trou taraudé
- 1.Repérez le trou sur les vues : en vue de dessus, un cercle fort entouré d'un trois-quarts de cercle fin signale un taraudage.
- 2.Lisez la désignation : M8, donc Ø nominal 8 et pas gros 1,25. Déduisez le foret : Ø6,8.
- 3.Lisez les profondeurs : ↧10 derrière M8 pour le filetage, ↧12 derrière Ø6,8 pour le perçage. Si aucune profondeur n'est donnée, le trou est débouchant.
- 4.Cherchez la position de l'axe du trou : pour le taraudage du SV-40, 30 mm à gauche de l'axe du bossage et 20 mm vers l'avant de la pièce. Le chapitre 11, sur la lecture des cotes, détaille cette lecture.
- 5.Vérifiez que tout tient dans la pièce : profondeur de perçage + pointe du foret doit rester inférieure à l'épaisseur disponible si le trou doit rester borgne.
7. Pour aller plus loin
- Filetage = extérieur (vis), taraudage = intérieur (trou). On les définit par le Ø nominal et le pas.
- ISO 6410 : trait fort pour le sommet du filet, trait fin pour le fond, trois quarts de cercle fin en vue en bout, limite de filetage en trait fort.
- M8 = pas gros 1,25, foret Ø6,8 ; M10 × 1 = pas fin. Ø de perçage ≈ Ø nominal − pas.
- Trou borgne : pointe dessinée à 120° ; profondeur de perçage sur la partie cylindrique, toujours plus grande que la profondeur taraudée.
- ⌴ lamage, ⌵ fraisure, ↧ profondeur : 4× Ø11 ⌴Ø18 ↧11 = quatre trous Ø11 lamés Ø18 sur 11.
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