Aller au contenu
RAAI Formation
Maintenance · cours 11 sur 17 · 9 min de lecture

Lire un schéma électrique d'équipement

Distinguer circuit de puissance et circuit de commande, reconnaître les symboles et les repères de bornes d'un départ moteur, expliquer l'auto-maintien et l'arrêt d'urgence, et suivre le courant sur le schéma pour localiser une panne.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

1. Le schéma, carte de l'armoire

Mardi, 14 h. Le convoyeur de Méca-Garonne ne démarre plus : Lucas appuie sur le bouton marche, rien ne se passe. Yanis ouvre le dossier de la machine à la page du schéma électrique et le pose à côté de l'armoire. « Sans le schéma, on cherche au hasard dans deux cents fils. Avec, on suit le chemin du courant, borne par borne. » Inès va apprendre à lire cette page.

Schéma : tableau de dix symboles électriques normalisés avec leurs repères de bornes : sectionneur, fusible, disjoncteur magnéto-thermique, contact de puissance de contacteur, bobine A1-A2, relais thermique 95-96, bouton marche NO 13-14, bouton arrêt NF 11-12, arrêt d'urgence, voyant X1-X2
Les contacts sont toujours dessinés au repos : appareil hors tension, bouton non actionné.

Un schéma électrique représente les appareils par des symboles normalisés, et leurs liaisons par des traits. Il ne montre pas la place réelle des appareils dans l'armoire : il montre le fonctionnement. Les symboles utilisés en France suivent la norme internationale CEI 60617.

2. Deux circuits : puissance et commande

Circuit de puissance

Il transporte l'énergie jusqu'au moteur, en 400 V triphasé pour le convoyeur. Il comprend l'appareil de séparation, les protections, les contacts de puissance du contacteur et le moteur. Traits souvent plus épais.

Circuit de commande

Il décide quand le moteur tourne. Il alimente la bobine du contacteur à travers les boutons, les contacts de sécurité et les capteurs. Au convoyeur, il fonctionne en 24 V alternatif, fourni par un transformateur.

Le lien entre les deux est le contacteur KM1 : quand sa bobine est alimentée par la commande, un électroaimant ferme ses contacts de puissance et le moteur reçoit le 400 V. Une commande en 24 V limite le danger au pupitre, là où l'opérateur pose les mains.

3. Folios et repérage

Un schéma d'équipement tient rarement sur une page. Chaque page s'appelle un folio et porte un numéro. Les pages sont découpées en colonnes numérotées, ce qui permet les renvois : sous la bobine KM1, une petite table indique dans quels folios et quelles colonnes se trouvent ses contacts.

Q
Sectionneur, interrupteur-sectionneur, disjoncteur : Q1
F
Fusibles et relais de protection : F2 relais thermique, F3 fusible de commande
KM
Contacteur : KM1
S
Bouton, interrupteur : S0 arrêt d'urgence, S1 arrêt, S2 marche
H, T, M, X
H voyant, T transformateur, M moteur, X bornier de raccordement

Ce repérage par lettres est encore très répandu. Des schémas plus récents utilisent une autre codification, issue de la norme NF EN 81346. Dans tous les cas, la légende du dossier fait foi. Les fils portent aussi des numéros, que l'on retrouve sur des bagues à chaque extrémité.

4. Les symboles à connaître

Sectionneur, sectionneur-fusible

Isole l'équipement du réseau pour la consignation. Il se manœuvre à vide. Associé à des fusibles, il protège aussi contre les courts-circuits.

Fusible

Fond et ouvre le circuit en cas de court-circuit. Pour un moteur, on emploie des fusibles de type aM, qui supportent le courant de démarrage.

Disjoncteur magnéto-thermique

Un élément magnétique coupe très vite en cas de court-circuit, un élément thermique coupe plus lentement en cas de surcharge. Il se réarme.

Contacteur

Une bobine (A1-A2) et des contacts : trois pôles de puissance, et des contacts auxiliaires pour la commande. Le petit demi-cercle sur le contact indique la fonction contacteur.

Relais thermique

Mesure le courant du moteur dans les trois phases. En cas de surcharge prolongée, il ouvre son contact 95-96, placé dans la commande, et le contacteur retombe. Il ne coupe pas lui-même la puissance.

Boutons et voyant

Bouton à fermeture (NO, normalement ouvert) pour la marche, à ouverture (NF, normalement fermé) pour l'arrêt. L'arrêt d'urgence est un NF à accrochage, tête champignon. Le voyant (X1-X2) signale un état.
Un contact est toujours dessiné dans son état de repos : bobine non alimentée, bouton non appuyé, relais non déclenché. Un contact NF dessiné fermé est bien fermé tant que rien ne l'actionne.
Les éléments d'un même appareil peuvent être dessinés loin les uns des autres : la bobine de KM1 dans la commande, ses pôles dans la puissance. C'est le repère KM1 qui les relie.

5. Le repérage des bornes

Chaque borne d'appareil porte un repère gravé. Il est le même sur le schéma et sur le matériel : c'est ce qui permet de passer du papier à l'armoire.

A1 – A2
Bornes de la bobine du contacteur
1-2, 3-4, 5-6
Pôles de puissance : entrée impaire côté réseau, sortie paire côté moteur (parfois notées 1/L1 et 2/T1)
13-14, 43-44
Contacts auxiliaires à fermeture (NO) : le chiffre des unités 3-4 le signale
21-22, 11-12
Contacts à ouverture (NF) : unités 1-2
95-96
Contact NF du relais thermique, qui s'ouvre au déclenchement
97-98
Contact NO du relais thermique, qui se ferme au déclenchement, pour un voyant de défaut

Pour les contacts auxiliaires, le chiffre des dizaines est un numéro d'ordre (1er, 2e, 3e contact) et le chiffre des unités donne la fonction : 1-2 pour un NF, 3-4 pour un NO. Le contact 13-14 est donc le premier contact, à fermeture.

6. L'auto-maintien

Le bouton marche S2 est un poussoir : il ne reste fermé que tant qu'on appuie. Pour que le moteur continue de tourner quand l'opérateur relâche, on place en parallèle sur S2 un contact auxiliaire NO du contacteur, le 13-14 de KM1. C'est l'auto-maintien.

  1. 1.Au repos, S2 est ouvert, KM1 13-14 est ouvert : la bobine n'est pas alimentée.
  2. 2.Lucas appuie sur S2 : le courant passe par S2 jusqu'à A1, la bobine attire, les pôles de puissance se ferment, le moteur démarre. En même temps, KM1 13-14 se ferme.
  3. 3.Lucas relâche S2 : le courant passe désormais par KM1 13-14. La bobine reste alimentée, le moteur tourne.
  4. 4.Lucas appuie sur S1 (NF) : le circuit est coupé, la bobine retombe, KM1 13-14 s'ouvre. Relâcher S1 ne suffit pas à redémarrer : il faut un nouvel appui sur S2.

Ce montage a un intérêt de sécurité : après une coupure de courant, le contacteur retombe et le moteur ne redémarre pas seul au retour de la tension. Le déclenchement du relais thermique produit le même effet.

7. L'arrêt d'urgence

L'arrêt d'urgence S0 est un contact NF placé en série, en tête du circuit de commande. Un appui coupe l'alimentation de la bobine quel que soit l'état des autres boutons. Le bouton reste enfoncé (il est à accrochage) jusqu'à ce qu'on le déverrouille volontairement, et ce déverrouillage ne doit pas redémarrer la machine.

On utilise un contact NF pour que la sécurité fonctionne aussi en cas de défaut : un fil coupé ou une borne desserrée provoque l'arrêt, au lieu de l'empêcher.
L'arrêt d'urgence arrête la machine. Il ne la sépare pas du réseau : l'armoire reste sous tension. Il ne remplace jamais une consignation.
Sur les machines récentes, l'arrêt d'urgence passe souvent par un module de sécurité dédié. Le principe reste le même ; le schéma du constructeur fait foi.

8. Le départ moteur du convoyeur

Voici le schéma complet du convoyeur. À gauche, la puissance ; à droite, la commande. Suivez-le avec le texte.

Schéma : schéma du départ moteur du convoyeur : puissance L1-L2-L3, sectionneur-fusible Q1, contacteur KM1 (1-2, 3-4, 5-6), relais thermique F2 réglé à 3,35 A, moteur M1 1,5 kW couplé en étoile ; commande 24 V alternatif par transformateur T1 et fusible F3, contacts F2 95-96, S0, S1, S2 en parallèle avec KM1 13-14, bobine KM1 A1-A2, voyant H1 par KM1 43-44
Le contact 13-14 de KM1, en parallèle sur S2, assure l'auto-maintien ; F2 95-96 et S0 coupent la bobine.
  1. 1.Puissance : L1, L2, L3 arrivent sur le sectionneur-fusible Q1, passent par les pôles de KM1, puis par le relais thermique F2, et rejoignent U1, V1, W1 du moteur M1. La carcasse du moteur est reliée au PE.
  2. 2.Alimentation de la commande : le primaire du transformateur T1 est branché entre deux phases, en aval de Q1. Le secondaire fournit 24 V alternatif, protégé par le fusible F3. Ouvrir Q1 coupe donc aussi la commande.
  3. 3.Chaîne de commande : 24 V, F2 95-96, S0, S1, puis S2 ou KM1 13-14, puis la bobine KM1 et le 0 V. Tous ces contacts sont en série : il suffit d'un seul ouvert pour que KM1 ne colle pas.
  4. 4.Signalisation : le voyant H1 s'allume par le contact KM1 43-44 quand le contacteur est collé.

Le transformateur se choisit d'après sa puissance apparente, en voltampères (VA). Elle doit couvrir la consommation de toutes les bobines et voyants alimentés en même temps, avec une marge pour l'appel de courant des bobines à la fermeture.

S = U × I S en VA, U en V, I en A

Exemple : le transformateur de commande du convoyeur

Sur la plaque de T1 : 63 VA, 400 V / 24 V. Au secondaire, il peut fournir I = S / U = 63 / 24 ≈ 2,6 A. Au primaire, il absorbe au plus 63 / 400 ≈ 0,16 A. Les valeurs réelles des bobines figurent dans la notice du constructeur.

9. Suivre le courant pour dépanner

Quand le moteur ne démarre pas, on ne change pas un contacteur au hasard. On part de la source et on suit le chemin du courant, dans l'ordre, jusqu'au point où il s'arrête. C'est la démarche par dichotomie du chapitre « Diagnostic de panne », appliquée au schéma.

Schéma : ordre de vérification quand le convoyeur ne démarre pas : alimentation et fusibles, relais thermique F2, arrêt d'urgence S0, tension sur la bobine KM1 à l'appui sur S2, collage de KM1 et tension en sortie, tension aux bornes du moteur
On remonte le circuit de commande, puis le circuit de puissance, en s'arrêtant au premier point où le courant ne passe plus.

La méthode la plus simple dans la commande consiste à garder le cordon noir du multimètre sur le 0 V et à déplacer le cordon rouge de borne en borne, en suivant le schéma : 24 V avant F2, 24 V après F2, 24 V après S0… Le contact en défaut se trouve entre le dernier point à 24 V et le premier point à 0 V.

Au convoyeur, ce mardi

Yanis mesure 24 V sur la borne 95 de F2, mais 0 V sur la borne 96 : le relais thermique a déclenché. Il ne le réarme pas tout de suite. Il cherche d'abord pourquoi le moteur a été en surcharge : c'est l'objet du chapitre « Contrôler un moteur asynchrone ».
Les mesures de tension dans une armoire ouverte se font sous tension : elles sont réservées aux personnes habilitées pour ces opérations, avec les EPI adaptés.
Les contrôles de continuité se font hors tension, circuit consigné.
Après un dépannage, on essaie l'équipement et on note sur le schéma toute modification de câblage. Un schéma faux est un piège pour le prochain intervenant.

10. Pour aller plus loin

À retenir
  • Puissance : Q1, KM1, F2, moteur. Commande : 24 V, contacts en série, bobine A1-A2.
  • Contacts dessinés au repos ; unités 1-2 = NF, 3-4 = NO ; 95-96 = contact NF du relais thermique.
  • Auto-maintien : KM1 13-14 en parallèle sur le bouton marche.
  • L'arrêt d'urgence est un NF en série, à accrochage ; il arrête, il ne consigne pas.
  • Dépanner : partir de la source, suivre le courant, s'arrêter au premier point sans tension.

Vous êtes élève ? Testez-vous sur ce chapitre

8 questions corrigées, chacune avec son explication. Les trois premières se font tout de suite, sans compte ; la suite, avec une classe abonnée ou un compte personnel.

Faire les 3 premières questions

Votre classe ne l’utilise pas ? Avec un établissement abonné, tout s’ouvre et votre formateur voit où chacun en est. Envoyez-lui ce cours :