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Maintenance · cours 17 sur 17 · 8 min de lecture

Pompes et compresseurs

Distinguer pompes volumétriques et centrifuges, calculer un débit à partir de la cylindrée, reconnaître ce qui détruit une pompe, décrire un compresseur d'air et son installation, et réaliser l'entretien de premier niveau en maîtrisant les énergies stockées.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

1. Donner de l'énergie à un fluide

Une pompe reçoit l'énergie mécanique d'un moteur qui tourne et la transmet à un liquide : huile de la presse plieuse, liquide de coupe des centres d'usinage, eau. Un compresseur fait la même chose avec un gaz : l'air comprimé de l'atelier. Le fluide transporte ensuite cette énergie jusqu'aux vérins et aux moteurs hydrauliques ou pneumatiques.

Schéma : pompe à engrenages extérieurs en coupe : deux pignons dans un carter, aspiration à gauche où les dents se séparent, refoulement à droite où elles engrènent, huile transportée entre les dents le long du carter, sens de rotation des deux pignons
L'huile ne passe pas entre les pignons : elle fait le tour par l'extérieur, emprisonnée entre les dents et le carter.

Retenez une idée essentielle pour les pompes hydrauliques : une pompe fournit un débit, elle ne « fait » pas la pression. C'est la résistance que rencontre l'huile, un vérin qui pousse une charge, un étranglement, qui fait monter la pression. C'est pourquoi un circuit hydraulique a toujours un limiteur de pression : sans lui, un vérin en butée ferait monter la pression jusqu'à la casse.

2. Pompes volumétriques et pompes centrifuges

Pompe volumétrique

Des chambres se remplissent côté aspiration puis sont chassées côté refoulement. Chaque tour déplace un volume presque fixe, quelle que soit la pression. C'est la pompe de l'hydraulique de puissance.

Pompe centrifuge

Une roue à aubes tourne vite et lance le liquide vers l'extérieur. Le débit baisse quand la pression demandée monte. Elle convient aux gros débits à faible pression : eau, liquide de coupe, refroidissement.

Il existe trois grandes familles de pompes volumétriques. La pompe à engrenages est simple, robuste et bon marché : c'est celle de beaucoup de centrales comme celle de la presse plieuse. La pompe à palettes est plus silencieuse. La pompe à pistons atteint les pressions les plus élevées et peut avoir une cylindrée variable. Le cours d'hydraulique complète ces notions.

3. Cylindrée et débit

La cylindrée d'une pompe volumétrique est le volume qu'elle déplace à chaque tour, en cm³/tr. Elle est inscrite sur la pompe ou dans sa documentation. Le débit théorique s'obtient en multipliant par la vitesse de rotation. En réalité, un peu d'huile fuit à l'intérieur de la pompe, du refoulement vers l'aspiration : le rendement volumétrique tient compte de ces fuites.

Q = cylindrée × N (Q en cm³/min si la cylindrée est en cm³/tr et N en tr/min ; 1 L = 1 000 cm³)

Exemple : la centrale de la presse plieuse

Pompe de 16 cm³/tr, entraînée à 1 450 tr/min.
Débit théorique : 16 × 1 450 = 23 200 cm³/min = 23,2 L/min.
Avec un rendement volumétrique de 0,9 : 23,2 × 0,9 ≈ 20,9 L/min réellement envoyés au circuit.
À l'inverse, pour obtenir 30 L/min théoriques à 1 450 tr/min, il faudrait 30 000 ÷ 1 450 ≈ 20,7 cm³/tr.

Une pompe qui s'use a des fuites internes qui augmentent. Le débit baisse, surtout quand la pression monte : les vérins deviennent lents en charge alors qu'ils vont bien à vide. Chronométrer une course de vérin à chaque visite préventive est un bon moyen de voir l'usure venir.

Exemple : la plieuse devient lente

Karim signale que le tablier de la presse plieuse descend de plus en plus lentement en fin de journée, quand l'huile est chaude. Inès vérifie d'abord le simple : niveau d'huile correct, indicateur de colmatage du filtre au vert, pas de bruit anormal. Yanis branche un manomètre sur la prise de pression : la pression maximale est atteinte, mais le temps de descente a augmenté d'un tiers depuis le dernier relevé. Conclusion probable : fuites internes de la pompe, plus fortes quand l'huile chaude devient plus fluide. Un devis de remplacement est demandé.

4. Ce qui fait mourir une pompe

La cavitation

Si l'aspiration est trop difficile, la pression chute tant que le liquide forme des bulles de vapeur. Elles éclatent en arrivant côté pression et arrachent le métal. Bruit de graviers. Causes : crépine colmatée, vanne d'aspiration mal ouverte, tuyau écrasé, huile trop froide et épaisse.

L'air aspiré

Un raccord desserré ou un joint abîmé sur l'aspiration laisse entrer de l'air. L'huile mousse dans le réservoir, la pompe grogne, les mouvements deviennent saccadés. Même effet si le niveau est trop bas.

L'huile sale

Les particules usent les pignons, les palettes et les pistons. Un filtre colmaté ou contourné, un bouchon laissé ouvert, un remplissage sans filtration suffisent. La propreté est la première règle.

La marche à sec

Une pompe centrifuge qui tourne sans liquide chauffe en quelques instants et détruit son étanchéité d'arbre. On vérifie qu'elle est remplie (amorcée) avant de la démarrer.
Ne démarrez jamais une pompe avec la vanne d'aspiration fermée.
Complétez un réservoir hydraulique uniquement avec l'huile prescrite, par un groupe de remplissage filtrant ou selon la procédure de l'atelier.
Un bruit anormal de pompe se signale tout de suite : quelques heures de cavitation suffisent à l'abîmer.

5. Les compresseurs d'air

Le compresseur à piston utilise un système bielle-manivelle. Quand le piston descend, le volume du cylindre augmente : le clapet d'aspiration s'ouvre et l'air entre. Quand il remonte, l'air est comprimé, puis le clapet de refoulement s'ouvre et l'air part vers le réservoir. Les clapets sont de simples lames qui s'ouvrent sous la différence de pression.

Schéma : compresseur à piston en coupe dans deux phases : aspiration avec le piston qui descend et le clapet d'aspiration ouvert, puis compression et refoulement avec le piston qui monte et le clapet de refoulement ouvert ; vilebrequin, bielle, cylindre à ailettes et culasse
Un tour de vilebrequin, une aspiration et un refoulement : c'est la bielle-manivelle qui fait le travail.

Exemple : le volume balayé

Le compresseur à piston de l'atelier a un alésage de 80 mm et une course de 60 mm.
Volume balayé par tour : π × 8² ÷ 4 × 6 ≈ 301,6 cm³ (en cm).
À 1 000 tr/min, il balaie environ 301,6 L/min d'air aspiré. Le débit réellement fourni est plus faible : le fabricant l'indique dans sa documentation.

Le compresseur à vis comprime l'air entre deux rotors hélicoïdaux qui s'engrènent. Le débit est continu, sans à-coups, et la machine est plus silencieuse. C'est la solution des installations qui tournent longtemps. Beaucoup de compresseurs à vis injectent de l'huile qui refroidit et étanche : elle se sépare de l'air ensuite, dans un séparateur qui fait partie de l'entretien.

6. L'installation d'air comprimé

Le compresseur ne travaille pas seul. Le réservoir stocke l'air et amortit les à-coups. Le pressostat arrête le compresseur quand la pression haute est atteinte et le relance quand elle redescend. La soupape de sécurité s'ouvre si la pression dépasse la valeur fixée par le fabricant, par exemple si le pressostat ne coupe plus. En se comprimant puis en refroidissant, l'air laisse l'eau qu'il contient : ces condensats, mélangés d'huile, s'accumulent au fond du réservoir et se purgent. En aval, un sécheur retire l'humidité qui reste et des filtres arrêtent les poussières et l'huile, avant que l'air rejoigne le réseau et les groupes de traitement des machines.

Schéma : installation d'air comprimé : filtre d'aspiration, compresseur et moteur, clapet, réservoir vertical avec manomètre, pressostat, soupape de sécurité et purge des condensats, puis vanne, sécheur et filtre, et réseau de l'atelier
Purge, soupape et pressostat : trois organes à connaître avant de toucher à un réservoir.

7. Entretien de premier niveau et signaux d'alerte

Les périodicités sont celles de la notice et de la gamme de maintenance. Voici une visite type du compresseur de l'atelier par Inès :

  1. 1Relever la pression au manomètre et noter si le compresseur tourne souvent ou longtemps.
  2. 2Purger le réservoir, sauf si une purge automatique est installée ; vérifier alors qu'elle fonctionne. Récupérer les condensats dans le bac prévu.
  3. 3Contrôler le niveau d'huile du compresseur, machine arrêtée, au voyant ou à la jauge.
  4. 4Vérifier l'état du filtre d'aspiration ; le nettoyer ou le changer selon la notice, compresseur consigné.
  5. 5Écouter les fuites du réseau et vérifier la propreté des ailettes de refroidissement.

Bruit

Claquement, grognement, graviers : clapet cassé, roulement, cavitation, air aspiré.

Échauffement

Carter trop chaud : manque d'huile, filtre colmaté, ailettes encrassées, compresseur qui ne s'arrête jamais.

Pression qui ne monte pas

Grosse fuite, purge restée ouverte, clapet ou segments usés ; côté hydraulique, pompe usée ou limiteur déréglé.

Un compresseur qui redémarre sans arrêt, même la nuit quand l'atelier est vide, révèle des fuites sur le réseau. C'est de l'électricité perdue en permanence : chercher les fuites fait partie de l'entretien.

8. Sécurité : l'énergie reste stockée

Un réservoir reste sous pression compresseur arrêté. Avant d'ouvrir quoi que ce soit en aval, isolez, videz et vérifiez 0 bar au manomètre.
Le pressostat peut redémarrer le compresseur à tout moment : on n'intervient qu'après consignation électrique.
Ne touchez jamais au réglage de la soupape de sécurité et ne la bouchez jamais. Si elle souffle, alertez.
Ne dirigez jamais un jet d'air vers une personne ou vers vous, et ne vous dépoussiérez pas à la soufflette : l'air peut pénétrer sous la peau ou dans l'oreille.
Côté hydraulique, un accumulateur garde la pression pompe arrêtée, et un jet d'huile fin traverse la peau. Protections auditives près des compresseurs.

9. Pour aller plus loin

À retenir
  • Une pompe fournit un débit ; c'est la résistance du circuit qui fait la pression.
  • Volumétrique pour l'hydraulique de puissance, centrifuge pour les gros débits à faible pression.
  • Q = cylindrée × N, puis × rendement volumétrique pour le débit réel.
  • Cavitation, air aspiré, huile sale, marche à sec : les quatre ennemis des pompes.
  • Réservoir, pressostat, soupape, purge : on purge les condensats, on ne touche jamais à la soupape.
  • Énergie stockée : on consigne, on vide et on vérifie 0 bar avant d'ouvrir.

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