Pompes et compresseurs
Distinguer pompes volumétriques et centrifuges, calculer un débit à partir de la cylindrée, reconnaître ce qui détruit une pompe, décrire un compresseur d'air et son installation, et réaliser l'entretien de premier niveau en maîtrisant les énergies stockées.
1. Donner de l'énergie à un fluide
Une pompe reçoit l'énergie mécanique d'un moteur qui tourne et la transmet à un liquide : huile de la presse plieuse, liquide de coupe des centres d'usinage, eau. Un compresseur fait la même chose avec un gaz : l'air comprimé de l'atelier. Le fluide transporte ensuite cette énergie jusqu'aux vérins et aux moteurs hydrauliques ou pneumatiques.
Retenez une idée essentielle pour les pompes hydrauliques : une pompe fournit un débit, elle ne « fait » pas la pression. C'est la résistance que rencontre l'huile, un vérin qui pousse une charge, un étranglement, qui fait monter la pression. C'est pourquoi un circuit hydraulique a toujours un limiteur de pression : sans lui, un vérin en butée ferait monter la pression jusqu'à la casse.
2. Pompes volumétriques et pompes centrifuges
Pompe volumétrique
Pompe centrifuge
Il existe trois grandes familles de pompes volumétriques. La pompe à engrenages est simple, robuste et bon marché : c'est celle de beaucoup de centrales comme celle de la presse plieuse. La pompe à palettes est plus silencieuse. La pompe à pistons atteint les pressions les plus élevées et peut avoir une cylindrée variable. Le cours d'hydraulique complète ces notions.
3. Cylindrée et débit
La cylindrée d'une pompe volumétrique est le volume qu'elle déplace à chaque tour, en cm³/tr. Elle est inscrite sur la pompe ou dans sa documentation. Le débit théorique s'obtient en multipliant par la vitesse de rotation. En réalité, un peu d'huile fuit à l'intérieur de la pompe, du refoulement vers l'aspiration : le rendement volumétrique tient compte de ces fuites.
Exemple : la centrale de la presse plieuse
Débit théorique : 16 × 1 450 = 23 200 cm³/min = 23,2 L/min.
Avec un rendement volumétrique de 0,9 : 23,2 × 0,9 ≈ 20,9 L/min réellement envoyés au circuit.
À l'inverse, pour obtenir 30 L/min théoriques à 1 450 tr/min, il faudrait 30 000 ÷ 1 450 ≈ 20,7 cm³/tr.
Une pompe qui s'use a des fuites internes qui augmentent. Le débit baisse, surtout quand la pression monte : les vérins deviennent lents en charge alors qu'ils vont bien à vide. Chronométrer une course de vérin à chaque visite préventive est un bon moyen de voir l'usure venir.
Exemple : la plieuse devient lente
4. Ce qui fait mourir une pompe
La cavitation
L'air aspiré
L'huile sale
La marche à sec
5. Les compresseurs d'air
Le compresseur à piston utilise un système bielle-manivelle. Quand le piston descend, le volume du cylindre augmente : le clapet d'aspiration s'ouvre et l'air entre. Quand il remonte, l'air est comprimé, puis le clapet de refoulement s'ouvre et l'air part vers le réservoir. Les clapets sont de simples lames qui s'ouvrent sous la différence de pression.
Exemple : le volume balayé
Volume balayé par tour : π × 8² ÷ 4 × 6 ≈ 301,6 cm³ (en cm).
À 1 000 tr/min, il balaie environ 301,6 L/min d'air aspiré. Le débit réellement fourni est plus faible : le fabricant l'indique dans sa documentation.
Le compresseur à vis comprime l'air entre deux rotors hélicoïdaux qui s'engrènent. Le débit est continu, sans à-coups, et la machine est plus silencieuse. C'est la solution des installations qui tournent longtemps. Beaucoup de compresseurs à vis injectent de l'huile qui refroidit et étanche : elle se sépare de l'air ensuite, dans un séparateur qui fait partie de l'entretien.
6. L'installation d'air comprimé
Le compresseur ne travaille pas seul. Le réservoir stocke l'air et amortit les à-coups. Le pressostat arrête le compresseur quand la pression haute est atteinte et le relance quand elle redescend. La soupape de sécurité s'ouvre si la pression dépasse la valeur fixée par le fabricant, par exemple si le pressostat ne coupe plus. En se comprimant puis en refroidissant, l'air laisse l'eau qu'il contient : ces condensats, mélangés d'huile, s'accumulent au fond du réservoir et se purgent. En aval, un sécheur retire l'humidité qui reste et des filtres arrêtent les poussières et l'huile, avant que l'air rejoigne le réseau et les groupes de traitement des machines.
7. Entretien de premier niveau et signaux d'alerte
Les périodicités sont celles de la notice et de la gamme de maintenance. Voici une visite type du compresseur de l'atelier par Inès :
- 1Relever la pression au manomètre et noter si le compresseur tourne souvent ou longtemps.
- 2Purger le réservoir, sauf si une purge automatique est installée ; vérifier alors qu'elle fonctionne. Récupérer les condensats dans le bac prévu.
- 3Contrôler le niveau d'huile du compresseur, machine arrêtée, au voyant ou à la jauge.
- 4Vérifier l'état du filtre d'aspiration ; le nettoyer ou le changer selon la notice, compresseur consigné.
- 5Écouter les fuites du réseau et vérifier la propreté des ailettes de refroidissement.
Bruit
Échauffement
Pression qui ne monte pas
Un compresseur qui redémarre sans arrêt, même la nuit quand l'atelier est vide, révèle des fuites sur le réseau. C'est de l'électricité perdue en permanence : chercher les fuites fait partie de l'entretien.
8. Sécurité : l'énergie reste stockée
9. Pour aller plus loin
- Une pompe fournit un débit ; c'est la résistance du circuit qui fait la pression.
- Volumétrique pour l'hydraulique de puissance, centrifuge pour les gros débits à faible pression.
- Q = cylindrée × N, puis × rendement volumétrique pour le débit réel.
- Cavitation, air aspiré, huile sale, marche à sec : les quatre ennemis des pompes.
- Réservoir, pressostat, soupape, purge : on purge les condensats, on ne touche jamais à la soupape.
- Énergie stockée : on consigne, on vide et on vérifie 0 bar avant d'ouvrir.
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