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Transmissions · cours 4 sur 5 · 8 min de lecture

Réducteurs et variateurs mécaniques

Comprendre pourquoi un réducteur baisse la vitesse et augmente le couple, calculer vitesse et couple de sortie avec le rapport et le rendement, reconnaître les familles de réducteurs, lire leur plaque et assurer l'entretien de premier niveau.

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1. Pourquoi réduire la vitesse ?

Le moteur du convoyeur de Méca-Garonne tourne à 1 435 tr/min. Le tambour qui entraîne la bande doit tourner beaucoup moins vite, mais avec beaucoup plus de couple, pour tirer les pièces. Entre les deux, un réducteur fait l'échange : il divise la vitesse et multiplie le couple.

Schéma : chaîne d'entraînement du convoyeur : moteur de 1,5 kW, réducteur de rapport 20 et de rendement 0,9, courroie entre deux poulies de même diamètre, tambour ; en dessous, vitesse, couple et puissance à l'entrée et à la sortie du réducteur
Vitesse divisée par 20, couple multiplié par 20 puis réduit par le rendement : la puissance de sortie est un peu plus faible que celle d'entrée.

La clé, c'est que la puissance se conserve, aux pertes près. Un réducteur ne crée pas d'énergie. La puissance mécanique d'un arbre qui tourne est le produit du couple par la vitesse angulaire. Si la vitesse baisse et que la puissance reste presque la même, le couple doit monter. C'est le petit braquet du vélo : on pédale vite, la roue tourne lentement, mais on monte la côte.

P = C × ω avec ω = 2 × π × N ÷ 60 (P en W, C en N·m, ω en rad/s, N en tr/min)

2. Rapport de réduction et rendement

Le rapport de réduction i compare la vitesse d'entrée à la vitesse de sortie. Un réducteur « i = 20 » fait tourner sa sortie 20 fois moins vite que son entrée. Attention : le cours sur les engrenages utilise le rapport inverse, r = N sortie ÷ N entrée, plus petit que 1. Les deux disent la même chose.

Une partie de la puissance se perd en chaleur : frottement des dentures, roulements, joints, brassage de l'huile. Le rendement η (lettre grecque « êta ») est la part de puissance qui ressort. Un rendement de 0,9 veut dire que 90 % de la puissance arrive à la sortie.

N sortie = N entrée ÷ i · C sortie = C entrée × i × η · P sortie = P entrée × η

Voici le calcul complet pour le convoyeur, avec un réducteur de rapport 20 et de rendement 0,9.

  1. 1Vitesse de sortie : 1 435 ÷ 20 = 71,75 tr/min.
  2. 2Couple d'entrée : ω = 1 435 × 2π ÷ 60 ≈ 150,27 rad/s, donc C = 1 500 ÷ 150,27 ≈ 9,98 N·m.
  3. 3Couple de sortie : 9,98 × 20 × 0,9 ≈ 179,7 N·m, dix-huit fois le couple du moteur.
  4. 4Puissance de sortie : 1 500 × 0,9 = 1 350 W. Les 150 W manquants chauffent le carter.
  5. 5Vitesse de la bande : la courroie relie deux poulies de même diamètre, le tambour tourne donc à 71,75 tr/min. Avec un tambour de 200 mm : π × 0,2 × 71,75 ÷ 60 ≈ 0,75 m/s.

Un réducteur a souvent plusieurs étages. Les rapports se multiplient : un étage de 4 suivi d'un étage de 5 donne 4 × 5 = 20. Les rendements se multiplient aussi : deux étages à 0,95 donnent 0,95 × 0,95 ≈ 0,90.

3. Les familles de réducteurs

Schéma : trois familles de réducteurs en représentation simplifiée : engrenages parallèles à deux étages de rapports 4 et 5, roue de 40 dents et vis sans fin à un filet, train planétaire vu de face avec planétaire, trois satellites et couronne
Même fonction, trois architectures : axes parallèles, axes perpendiculaires ou axes alignés.

Engrenages parallèles

Roues droites ou hélicoïdales sur des arbres parallèles. Bon rendement, robustes. Les dentures hélicoïdales sont plus silencieuses. Le plus courant en industrie.

Roue et vis sans fin

Une vis entraîne une roue, axes à 90°. Grand rapport en un seul étage (i = nombre de dents de la roue ÷ nombre de filets de la vis). Rendement plus faible, et souvent irréversible.

Planétaire

Entrée et sortie dans le même axe, plusieurs satellites se partagent l'effort : très compact pour un gros couple. Voir le cours sur les trains épicycloïdaux.

Motoréducteur

Le moteur et le réducteur forment un seul bloc, livré monté. C'est la solution du convoyeur de Méca-Garonne.

Pourquoi ne pas prendre directement un moteur lent ? Parce qu'à puissance égale, un moteur qui doit fournir un gros couple est gros, lourd et cher. Un petit moteur rapide suivi d'un réducteur coûte moins et prend moins de place. Le choix entre les familles dépend ensuite de la place disponible, de l'orientation des arbres, du rapport voulu et du rendement acceptable : un rendement faible, c'est de l'électricité payée pour chauffer le carter, toute la journée.

Exemple : une roue et vis sans fin

Une roue de 40 dents entraînée par une vis à 1 filet : i = 40 ÷ 1 = 40. Avec le même moteur : 1 435 ÷ 40 ≈ 35,9 tr/min.
Si le catalogue indique un rendement de 0,6 : C sortie = 9,98 × 40 × 0,6 ≈ 239,6 N·m, et 40 % de la puissance, soit 600 W, part en chaleur.
L'irréversibilité d'une roue et vis sans fin n'est pas un frein. Elle dépend de l'usure, de la lubrification et des vibrations : un réducteur de ce type peut « lâcher » sous une charge. Une charge suspendue se tient par un frein et se cale avant intervention.
Le rendement se lit dans le catalogue du fabricant : ne le devinez pas. Il varie avec le rapport et la vitesse.

4. Lire la plaque d'un réducteur

Comme le moteur, un réducteur ou un motoréducteur porte une plaque signalétique. C'est la première chose à relever avant une commande de pièce ou une intervention. Les informations utiles :

Rapport i

Le rapport de réduction, parfois avec des décimales : 19,85 par exemple, car il résulte de nombres de dents.

n1 / n2

Vitesses d'entrée et de sortie, arrondies : 1 435 ÷ 20 = 71,75 est écrit 72 tr/min.

Couple de sortie

Le couple que le réducteur peut transmettre en service. La machine ne doit pas en demander plus.

Lubrifiant et quantité

Le type d'huile ou de graisse et le volume. Quand la plaque renvoie à la notice, c'est la notice qui fait foi.

Position de montage

Un code qui dit comment le réducteur est orienté. Il fixe la quantité d'huile et la place des bouchons de remplissage, de niveau, de vidange et du reniflard.
Schéma : à gauche, plaque fictive de motoréducteur : rapport 20, vitesses 1 435 et 72 tr/min, couple de sortie 180 N·m, lubrifiant et quantité selon notice, position de montage M1 ; à droite, poulie à flasques mobiles vue en coupe, flasques écartés pour un diamètre d'appui de 60 mm puis rapprochés pour 120 mm
À gauche, la plaque résume ce qu'il faut pour commander et entretenir. À droite, en rapprochant les flasques, on fait monter la courroie dans la gorge : le diamètre d'appui grandit et la sortie tourne plus vite.

5. Les variateurs mécaniques

Un réducteur a un rapport fixe. Un variateur mécanique permet de changer le rapport de façon continue, machine en marche. Le modèle le plus répandu utilise une poulie à flasques mobiles : ses deux joues coniques peuvent s'écarter ou se rapprocher. Une courroie large, à section trapézoïdale, s'appuie sur les flancs. Flasques écartés, la courroie descend vers l'axe : petit diamètre d'appui. Flasques rapprochés, elle remonte : grand diamètre.

Exemple

Poulie réceptrice fixe de 120 mm, moteur à 1 435 tr/min. Si le diamètre d'appui de la poulie motrice varie de 60 à 120 mm, la sortie varie de 1 435 × 60 ÷ 120 = 717,5 tr/min à 1 435 × 120 ÷ 120 = 1 435 tr/min.

Ces variateurs se rencontrent encore sur des machines anciennes, des perceuses et des scies. Sur les machines récentes, on préfère le plus souvent un variateur de fréquence électronique, qui fait varier la vitesse du moteur lui-même, sans pièce d'usure mécanique. Il est présenté dans le cours sur le moteur asynchrone et le variateur de fréquence.

6. Entretenir un réducteur

Un réducteur bien lubrifié peut durer très longtemps. Ce qui le tue : le manque d'huile, une huile usée ou de mauvaise qualité, et l'eau ou la poussière qui entrent. L'entretien de premier niveau porte sur le niveau, les fuites, la température et le bruit. La vidange se fait à la périodicité et avec l'huile indiquées par la notice.

  1. 1Arrêter et consigner le convoyeur. Attendre que l'huile se stabilise et que le carter refroidisse.
  2. 2Repérer, d'après la position de montage, le bouchon de niveau ou le voyant.
  3. 3Contrôler le niveau. Compléter si besoin avec l'huile de même référence, par le bouchon de remplissage.
  4. 4Vérifier que le reniflard (bouchon d'évent) est propre et placé en haut du carter.
  5. 5Rechercher les traces de fuite aux joints d'arbres et au plan de joint, nettoyer, noter l'intervention.

Le reniflard laisse respirer le carter : l'huile et l'air se dilatent en chauffant. S'il est bouché, la pression monte et l'huile sort par les joints. Certains réducteurs sont livrés avec un bouchon plein pour le transport, à remplacer par le reniflard à la mise en service. Si l'on change la position de montage, reniflard, bouchons et quantité d'huile changent aussi.

Une huile de réducteur peut être très chaude juste après l'arrêt : attendez avant d'ouvrir un bouchon.
Ne mélangez pas deux huiles de types différents : respectez la référence de la plaque ou de la notice.
Une élévation de température, un bruit nouveau, une vibration : signalez-les avant la casse. Ce sont souvent les roulements ou la denture qui s'abîment.
L'huile usagée se récupère dans le bac prévu : elle ne part jamais à l'égout.

7. Pour aller plus loin

À retenir
  • La puissance se conserve aux pertes près : P = C × ω. Quand la vitesse baisse, le couple monte.
  • N sortie = N entrée ÷ i ; C sortie = C entrée × i × η ; P sortie = P entrée × η.
  • Plusieurs étages : les rapports se multiplient, les rendements aussi.
  • Roue et vis sans fin : grand rapport, rendement plus faible, irréversibilité qui ne remplace pas un frein.
  • La plaque et la notice donnent rapport, couple, lubrifiant et position de montage.
  • Niveau, fuites, reniflard propre, vidange selon notice.

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