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RAAI Formation
Métrologie · cours 4 sur 5 · 8 min de lecture

Comparateur, calibres et cales étalons

Distinguer mesure directe et mesure indirecte, lire et régler un comparateur à cadran, l'utiliser sur un marbre avec des cales étalons, composer une cote de cales, et contrôler une pièce au tampon lisse, à la bague, au calibre à mâchoires, au tampon fileté et aux jauges.

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1. Mesurer par comparaison

Avec un pied à coulisse ou un micromètre, on lit une cote. Avec un comparateur ou un calibre, on fait autre chose : on compare la pièce à une référence dont la dimension est connue. C'est la mesure indirecte. Le comparateur indique de combien la pièce s'écarte de la référence ; le calibre dit seulement si la pièce « passe » ou « ne passe pas ». Ces méthodes sont rapides, peu sensibles au geste de l'opérateur, et très utilisées en série.

Schéma : comparateur à cadran de 100 divisions ; grande aiguille sur 37, compte-tours entre 1 et 2 ; lunette tournante, deux index de tolérance, canon et touche ; lecture d'un déplacement de 1,37 mm
La petite aiguille compte les millimètres, la grande les centièmes : 1 tour et 37 divisions, soit 1,37 mm de déplacement de la touche.

2. Le comparateur à cadran

Le comparateur transforme le petit déplacement d'une touche en rotation d'une aiguille. Sur le modèle le plus courant, un tour de la grande aiguille correspond à 1 mm et le cadran porte 100 divisions de 0,01 mm. La course totale est souvent de 10 mm.

Touche et tige

La touche (ou palpeur) est en contact avec la pièce. Quand elle monte, l'aiguille tourne dans le sens des aiguilles d'une montre.

Canon

Le tube qui guide la tige. C'est par lui qu'on fixe le comparateur sur son support, sans trop serrer pour ne pas le déformer.

Compte-tours

Le petit cadran : chaque division vaut 1 mm, soit un tour complet de la grande aiguille.

Lunette tournante

La couronne du cadran. On la tourne pour amener le 0 sous la grande aiguille : c'est la mise à zéro.

Index de tolérance

Deux repères réglables sur la lunette. On les place sur les limites : on voit d'un coup d'œil si l'aiguille reste entre les deux.

Comparateur à levier

Variante à touche orientable et à petite course (souvent moins de 1 mm), pour les endroits difficiles d'accès.

3. Le marbre et le support

Le marbre est une table de fonte ou de granit dont la surface est très plane. Il sert de surface de référence : toutes les hauteurs sont mesurées à partir de lui. Chaque marbre a une classe de précision, indiquée sur son certificat, qui fixe son défaut de planéité admissible. Sa propreté conditionne toutes les mesures : on l'essuie avant usage, on n'y pose ni pièce brute, ni outil, ni copeau, on n'y frappe jamais et on le couvre en fin de poste.

Le comparateur est tenu par un support magnétique : une base aimantée que l'on active d'un bouton, une colonne et un bras articulé. Un bras court et bien serré limite les flexions. La touche doit attaquer la surface perpendiculairement : une touche en biais amplifie ou réduit le déplacement lu.

4. Régler le zéro sur une cale étalon

  1. 1.Nettoyer le marbre, la cale et la face d'appui de la pièce.
  2. 2.Poser la cale étalon de la cote nominale sur le marbre, par exemple 15 mm pour l'épaisseur de la plaque du SV-40.
  3. 3.Descendre la touche sur la cale avec une précontrainte : l'aiguille doit avoir fait un quart à un demi-tour. Ainsi, la touche peut aussi bien monter que descendre.
  4. 4.Tourner la lunette pour amener le 0 sous la grande aiguille. Noter la position du compte-tours.
  5. 5.Soulever la touche deux ou trois fois au levier : l'aiguille doit revenir sur 0. Sinon, un serrage a bougé : recommencer.
  6. 6.Remplacer la cale par la pièce, sans toucher au réglage. Chaque division dans le sens + ajoute 0,01 mm à 15 mm, chaque division dans le sens − en retire 0,01.
Schéma : sur le marbre, un support magnétique et son comparateur mis à zéro sur une cale de 15 mm ; puis la pièce SV-40 glissée sous la touche, quatre relevés sur le dessus de la plaque (+0,04, +0,01, −0,01, +0,02), écart de 0,05 mm et épaisseur comprise entre 14,99 et 15,04 mm
Zéro fait sur la cale de 15 mm : chaque relevé se lit comme un écart à 15 mm, et l'écart entre le plus grand et le plus petit relevé donne le défaut de parallélisme.

5. Planéité, parallélisme, battement

Le comparateur excelle pour mesurer les défauts de forme et de position, parce qu'il suit une surface en continu. Au poste de contrôle de Méca-Garonne, le SV-40 est posé sur sa face d'appui A. On promène la touche sur le dessus de la plaque et on relève : +0,04, +0,01, −0,01 et +0,02 mm. L'épaisseur varie donc de 14,99 à 15,04 mm, dans la tolérance de ±0,2. L'écart entre le plus grand et le plus petit relevé, 0,04 − (−0,01) = 0,05 mm, mesure le défaut de parallélisme de cette face par rapport à la face A.

Attention à ce que l'on mesure vraiment. Pièce posée sur le marbre, on obtient un parallélisme par rapport à la face d'appui, pas une planéité. Pour une vraie planéité, on pose la pièce sur trois vérins réglables et on règle trois points de la face à la même hauteur avant de relever toute la surface. Pour un battement, on fait tourner une pièce de révolution d'un tour complet, entre pointes ou sur un vé, touche sur la surface : l'écart entre la lecture maxi et la lecture mini est le battement. La perpendicularité de 0,02 mm de l'alésage du SV-40 se contrôle aussi au comparateur, selon la méthode fixée par la gamme de contrôle.

6. Les cales étalons

Une cale étalon est un bloc d'acier trempé ou de céramique dont deux faces, parfaitement planes et parallèles, sont séparées d'une longueur garantie à quelques dixièmes de micromètre près. Les cales servent à mettre à zéro un comparateur, à vérifier un micromètre, à régler un calibre ou à construire une hauteur, par exemple sous une règle sinus. Un jeu de 112 cales courant contient : une cale de 1,0005 ; les cales de 1,001 à 1,009 mm par pas de 0,001 ; de 1,01 à 1,49 mm par pas de 0,01 ; de 0,5 à 24,5 mm par pas de 0,5 ; et les cales de 25, 50, 75 et 100 mm.

Deux cales propres, croisées puis glissées l'une sur l'autre en appuyant, adhèrent si bien qu'on peut soulever la pile. Cette adhérence évite toute colle ou tout serrage. Pour composer une cote, on utilise le moins de cales possible, car chaque contact ajoute une petite erreur. On élimine les décimales en partant de la dernière.

Schéma : pile de quatre cales étalons de 25, 14, 1,37 et 1,005 mm, hauteur totale 41,375 mm ; méthode par élimination des millièmes, puis des centièmes, puis des millimètres ; deux cales croisées puis glissées l'une sur l'autre pour les faire adhérer
41,375 = 1,005 + 1,37 + 14 + 25 : on commence toujours par la décimale la plus fine.

Composer 41,375 mm, pas à pas

Millièmes : il faut un 5 au 3e chiffre après la virgule, seule la série des 1,00x le donne → cale de 1,005. Reste 41,375 − 1,005 = 40,370.
Centièmes : il faut ,37 → cale de 1,37. Reste 40,370 − 1,37 = 39,000.
Millimètres : pas de cale de 39 dans le jeu → 25 + 14. Total : 4 cales.
Manipuler les cales le moins possible à mains nues : la chaleur des doigts les allonge, la sueur les corrode.
Ne pas laisser une pile assemblée plusieurs heures : séparer les cales en les faisant glisser, jamais en les arrachant.
Après usage : essuyer, protéger avec le produit prévu, ranger chaque cale à sa place dans le coffret.

7. Les calibres à limites

Un calibre à limites ne donne pas de valeur. Il matérialise les deux limites de la tolérance : un côté ENTRE et un côté N'ENTRE PAS, souvent repéré en rouge. Pour un alésage, le côté ENTRE a la cote mini et le côté N'ENTRE PAS la cote maxi. Pour l'alésage Ø20H7 du SV-40, dont les limites sont 0 et +0,021 mm, le tampon lisse a donc un côté ENTRE de Ø20,000 et un côté N'ENTRE PAS de Ø20,021.

Schéma : tampon lisse Ø20H7 avec côté ENTRE Ø20,000 et côté N'ENTRE PAS Ø20,021 à bague rouge ; tableau de trois alésages contrôlés (20,012 bon, 19,996 trop petit, 20,027 trop grand) ; bague, calibre à mâchoires, tampon fileté M8, jauges d'épaisseur et de rayon
Pièce bonne : le côté ENTRE entre et le côté N'ENTRE PAS n'entre pas. Tout autre résultat est une non-conformité.

Tampon lisse

Pour les alésages. Le tampon doit entrer sous son propre poids ou sous une poussée légère, sans jamais forcer. Si le côté ENTRE bloque, l'alésage est trop petit ; si le côté N'ENTRE PAS entre, il est trop grand.

Bague

Pour les arbres. Logique inversée : le côté ENTRE a la cote maxi de l'arbre, le côté N'ENTRE PAS la cote mini.

Calibre à mâchoires

Pour les arbres et les épaisseurs, quand on ne peut pas enfiler une bague. Deux ouvertures successives : on passe par ENTRE, puis on vérifie que N'ENTRE PAS arrête la pièce.

Tampon fileté M8

Côté ENTRE : il doit se visser à la main sur toute la longueur utile du taraudage, 10 mm sur le SV-40. Côté N'ENTRE PAS : il ne doit pas s'engager de plus de deux tours environ.

Un tampon fileté qui bloque avant le fond n'est pas forcément le signe d'un filet mauvais : un copeau ou un reste d'huile coupe l'entrée. Soufflez, nettoyez, recontrôlez. Si le blocage persiste, la pièce est déclarée non conforme.

8. Jauges d'épaisseur et jauges de rayon

La jauge d'épaisseur est un jeu de lames d'acier d'épaisseurs graduées, par exemple de 0,05 à 1 mm. On l'utilise pour mesurer un jeu entre deux pièces : la bonne lame glisse avec un léger frottement ; la suivante ne passe pas. On peut empiler deux lames. La jauge de rayon est un jeu de gabarits, concaves et convexes, pour vérifier un congé ou un arrondi : on applique le gabarit sur la pièce, face à la lumière, et on regarde si un filet de lumière passe.

9. Pour aller plus loin

À retenir
  • Mesure indirecte : on compare la pièce à une référence connue.
  • Comparateur courant : 1 tour = 1 mm, 100 divisions de 0,01 mm, compte-tours en mm.
  • Zéro sur cale étalon avec précontrainte, puis on lit des écarts à la cote de la cale.
  • Cales : le moins possible, en éliminant d'abord les millièmes ; 41,375 = 1,005 + 1,37 + 14 + 25.
  • Tampon d'alésage : ENTRE = cote mini, N'ENTRE PAS = cote maxi ; jamais forcer.

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