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RAAI Formation
Aérostructure · cours 4 sur 7 · 12 min de lecture

Étanchéité

Nommer les fonctions de l'étanchéité en aéronautique, respecter les temps d'un mastic, choisir un joint, et prévenir la corrosion galvanique.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

1. Quatre fonctions, pas une

Contenir

Réservoirs de carburant intégrés à la structure : l'étanchéité est structurelle, pas accessoire.

Pressuriser

La cabine tient une pression supérieure à l'extérieur : toute traversée doit être étanche.

Protéger

Isoler deux métaux différents pour empêcher la corrosion galvanique, et empêcher l'eau d'atteindre les interstices.

Lisser

Combler les discontinuités de surface pour préserver l'écoulement aérodynamique.

2. Les mastics : deux temps à ne pas confondre

Les mastics d'étanchéité aéronautiques sont le plus souvent des polysulfures bi-composants : on mélange base et durcisseur, et la réaction démarre aussitôt.

temps d'application — durée pendant laquelle le mastic reste travaillable
temps de séchage — durée avant manipulation ou mise en service
Passé le temps d'application, le mastic ne s'étale plus correctement : il faut le jeter, pas le forcer. C'est ce qui explique qu'on prépare de petites quantités.
Le temps de séchage conditionne la remise en service : le raccourcir, c'est solliciter un joint qui n'a pas ses propriétés.
On respecte les conditions de température et d'humidité de la fiche technique : elles modifient les deux temps.
Chaque produit a une date de péremption : un mastic périmé polymérise mal, même s'il paraît normal.

3. La préparation de surface fait le résultat

C'est l'étape la plus déterminante, et la plus souvent bâclée. Une surface grasse, humide ou poussiéreuse ne donnera jamais d'adhérence, quel que soit le produit. Dégraissage au solvant prescrit, séchage complet, et application dans la fenêtre de temps prévue après préparation.

4. Étanchéité d'assemblage et corrosion galvanique

Quand deux métaux de natures différentes sont en contact en présence d'humidité, une pile se forme : le moins noble se corrode. C'est le risque classique du couple aluminium / titane ou acier en aéronautique.

On interpose du mastic au montage — assemblage humide : la fixation est posée dans le mastic frais, qui isole et remplit les interstices.
On respecte les revêtements de protection : ne jamais mettre à nu un traitement de surface sans le restaurer.
Les copeaux et débris métalliques emprisonnés dans un joint créent des amorces de corrosion : la propreté fait partie de l'étanchéité.

5. Les joints

Joint torique

Étanchéité par écrasement contrôlé dans son logement. Le taux d'écrasement est calculé : trop faible il fuit, trop fort il s'extrude et se coupe.

Joint à lèvre

Pour les arbres tournants. Sens de montage impératif : la lèvre est orientée vers la pression à retenir.

Joint plat

Étanchéité statique entre deux brides serrées. Le serrage doit être régulier et au couple.

Règles communes

Ne jamais réutiliser un joint démonté, ne jamais faire passer un joint sur un filetage vif, lubrifier au produit compatible.

En images

Deux joints en coupe dans leur logement : le torique écrasé de 15 à 25 % avec son jeu d'extrusion, et le joint à lèvre sur arbre tournant, côté huile repéré

Pour aller plus loin

À retenir
  • Étanchéité = contenir, pressuriser, protéger, lisser.
  • Temps d'application ≠ temps de séchage : les deux se respectent.
  • La préparation de surface décide de l'adhérence.
  • Mastic interposé au montage contre la corrosion galvanique.
  • Un joint démonté ne se réutilise pas.

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