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RAAI Formation
Automatismes · cours 5 sur 6 · 17 min de lecture

Moteur asynchrone et variateur de fréquence

Lire une plaque signalétique, choisir le couplage étoile ou triangle selon le réseau, paramétrer un variateur de fréquence (rampes, protections) et interpréter ses codes de défaut.

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1. Le moteur asynchrone triphasé

Le moteur asynchrone à cage est l'actionneur le plus répandu de l'industrie : robuste, sans balais, sans entretien autre que les roulements. Le stator, alimenté en triphasé, crée un champ tournant ; le rotor à cage d'écureuil est entraîné par ce champ, mais tourne toujours un peu moins vite : c'est le glissement, indispensable pour qu'un courant soit induit dans la cage.

ns = 60 × f / p ns vitesse de synchronisme en tr/min, f fréquence en Hz, p nombre de paires de pôles
p = 1 (2 pôles)
3 000 tr/min à 50 Hz, moteur réel vers 2 900
p = 2 (4 pôles)
1 500 tr/min à 50 Hz, moteur réel vers 1 450 : le plus courant
p = 3 (6 pôles)
1 000 tr/min à 50 Hz, moteur réel vers 960
Glissement
g = (n<sub>s</sub> − n) / n<sub>s</sub>, typiquement 2 à 5 % à charge nominale

2. Lire la plaque signalétique

Exemple de plaque : 3~ · 4 kW · 230/400 V · 14,5/8,4 A · 50 Hz · 1 440 tr/min · cos φ 0,82 · IP55 · classe F · S1

230/400 V : chaque enroulement supporte 230 V ; le moteur accepte un réseau 230 V en triangle ou 400 V en étoile. 14,5/8,4 A : courant en ligne pour chaque couplage. 1 440 tr/min : 4 pôles, glissement 4 %. IP55 : protégé contre la poussière et les jets d'eau. Classe F : isolants jusqu'à 155 °C. S1 : service continu.

3. Couplage étoile ou triangle

Les six bornes U1, V1, W1 et U2, V2, W2 permettent deux couplages. En étoile (Y), les trois enroulements sont reliés par une extrémité commune et chacun reçoit la tension simple (U / √3). En triangle (Δ), chaque enroulement est branché entre deux phases et reçoit la tension composée U. La règle est simple : la plus petite tension de la plaque est la tension que supporte un enroulement.

Réseau 400 V, plaque 230/400 V

Couplage étoile : chaque enroulement reçoit 400 / √3 = 230 V. Barrettes réunissant U2-V2-W2.

Réseau 400 V, plaque 400/690 V

Couplage triangle : chaque enroulement reçoit 400 V. Barrettes U1-W2, V1-U2, W1-V2. C'est aussi le moteur qui accepte le démarrage étoile-triangle sur 400 V.

Erreur classique

Plaque 230/400 V couplée en triangle sur 400 V : les enroulements reçoivent 400 V au lieu de 230 : courant × √3, échauffement, moteur grillé en quelques minutes.

4. Le variateur de fréquence

Le variateur redresse le réseau en continu (bus DC vers 565 V sur un réseau 400 V), puis un onduleur à transistors IGBT recrée un triphasé de fréquence et tension réglables par découpage (MLI, 2 à 16 kHz). Comme la vitesse dépend de la fréquence, on pilote le moteur de 0 à 50 Hz et au-delà. Pour garder le flux magnétique constant, le variateur maintient le rapport U / f constant : à 25 Hz, il fournit 200 V ; à 50 Hz, 400 V. Au-delà de 50 Hz, la tension plafonne et le couple disponible diminue.

  1. 1.Données moteur : recopier la plaque (tension, courant, fréquence, vitesse, cos φ, puissance) dans le variateur. Ce sont les références de toutes les protections.
  2. 2.Source de commande et de consigne : bornier (marche par contact, consigne 0-10 V ou 4-20 mA), réseau (Profinet, Modbus) ou clavier local.
  3. 3.Fréquences : minimale (souvent 0 ou 5 Hz), maximale (50 Hz, parfois 60 ou plus si la mécanique le permet), fréquences à éviter (résonances).
  4. 4.Rampes : temps d'accélération et de décélération, en secondes pour aller de 0 à la fréquence maximale.
  5. 5.Protections : courant maximal, protection thermique moteur (image thermique ou sonde PTC), freinage (résistance de freinage si décélération rapide).
  6. 6.Auto-réglage (autotuning) : le variateur mesure la résistance et l'inductance du moteur pour affiner sa commande, moteur à l'arrêt et découplé de préférence.

Exemple de rampe : convoyeur, fréquence maximale 50 Hz, temps d'accélération réglé à 5 s, consigne 30 Hz.

La pente vaut 50 / 5 = 10 Hz par seconde. Pour atteindre 30 Hz, le moteur met 30 / 10 = 3 s. Une rampe trop courte sur une charge inerte déclenche le défaut de surintensité ; une décélération trop courte fait remonter la tension du bus DC et déclenche la surtension.

Surintensité (OC, OCF)

Rampe d'accélération trop courte, charge bloquée, court-circuit moteur ou câble. Vérifier la mécanique, allonger la rampe, mesurer l'isolement.

Surtension bus DC (OV, ObF)

Décélération trop rapide : le moteur devient générateur et renvoie de l'énergie. Allonger la rampe ou ajouter une résistance de freinage.

Sous-tension (UV, USF)

Réseau trop faible ou coupure d'une phase en amont. Contrôler les trois phases à l'entrée.

Surcharge thermique (OL, OLF)

Le courant a dépassé In trop longtemps : charge trop lourde, roulement grippé, ventilation moteur bouchée, ou données moteur mal renseignées.

Perte de phase moteur (OPF)

Un fil du moteur débranché ou un contacteur aval ouvert pendant la marche. Ne jamais ouvrir le circuit moteur variateur en marche.

Surchauffe variateur (OH, OHF)

Ventilateur du variateur bouché, armoire trop chaude (> 40 à 50 °C), fréquence de découpage trop élevée.
Condensateurs du bus DC. Après coupure, le variateur reste sous tension dangereuse pendant 5 à 15 minutes (voir plaque). Attendre le délai indiqué, vérifier l'absence de tension sur le bus, avant toute intervention.
Pas de mesure d'isolement (mégohmmètre à 500 ou 1 000 V) sur un moteur encore relié au variateur : on détruirait les IGBT. Débrancher le moteur d'abord.
Câble moteur blindé, blindage relié aux deux extrémités, séparé des câbles de commande : le découpage MLI rayonne et perturbe les capteurs.
Consigner avant d'intervenir : séparation, condamnation, vérification d'absence de tension, y compris sur le bus DC.
Un défaut effacé n'est pas un défaut résolu. Noter le code, lire l'historique des défauts du variateur (courant, fréquence, température au moment du déclenchement) avant de réarmer.
Plaque à bornes en couplage étoile puis triangle, plaque signalétique du moteur, et la chaîne réseau → variateur → moteur
À retenir
  • ns = 60 f / p ; le rotor glisse de 2 à 5 % : 1 500 → 1 440 tr/min.
  • La plus petite tension de la plaque est celle d'un enroulement : 230/400 V sur réseau 400 V = étoile.
  • Triangle sur 400 V avec une plaque 230/400 V = moteur grillé.
  • Variateur : redresseur → bus DC → onduleur MLI ; U/f constant jusqu'à 50 Hz.
  • Paramétrage : données moteur, source de commande, fréquences, rampes, protections, auto-réglage.
  • Surintensité = accélération trop courte ; surtension = décélération trop courte ; attendre 5 à 15 min avant d'ouvrir un variateur.

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