Logique combinatoire
Manipuler des variables binaires, écrire une équation logique à partir d'une table de vérité, la simplifier, et la traduire en schéma à contacts ou en logigramme.
1. Variables binaires
Un capteur fin de course est actionné ou non, un bouton est appuyé ou relâché, un moteur tourne ou est arrêté : chaque information ne prend que deux états, notés 0 et 1. Une variable binaire (ou logique) représente cet état. Un système est dit combinatoire quand ses sorties ne dépendent que de l'état présent de ses entrées, sans mémoire du passé (à l'inverse du séquentiel, objet du GRAFCET).
2. Les trois fonctions de base
NON (inverseur)
ET (produit logique)
OU (somme logique)
Deux fonctions dérivées sont très utilisées : le NON-ET (NAND, S = a · b) et le NON-OU (NOR, S = a + b). Le OU exclusif (XOR, S = a ⊕ b) vaut 1 quand a et b sont différents : c'est la logique du va-et-vient d'un couloir.
3. La table de vérité
Elle liste toutes les combinaisons des entrées et la sortie correspondante. Avec n entrées, il y a 2n lignes : 4 lignes pour deux entrées, 8 pour trois, 16 pour quatre. On les écrit dans l'ordre binaire croissant (00, 01, 10, 11) pour n'en oublier aucune. Pour a · b : seule la ligne 11 donne 1. Pour a + b : seule la ligne 00 donne 0.
4. De la table à l'équation
- 1Repérer les lignes où S = 1.
- 2Écrire un produit par ligne : chaque variable apparaît telle quelle si elle vaut 1, barrée si elle vaut 0. La ligne a = 1, b = 0 donne a · b.
- 3Additionner les produits : S est la somme de tous ces termes (forme dite « somme de produits »).
- 4Simplifier avec les règles de l'algèbre de Boole.
Exemple de simplification
5. Deux façons de dessiner
Schéma à contacts (Ladder)
Logigramme
6. Application : démarrage sécurisé d'une presse
Le moteur M d'une presse ne doit démarrer que si l'opérateur appuie sur le bouton de marche m, que le carter de protection est fermé (capteur c = 1) et qu'aucun arrêt d'urgence n'est enclenché (au = 1 au repos, contact fermé au repos qui s'ouvre quand on frappe le coup de poing). Pour protéger les mains, on ajoute une commande bimanuelle : deux boutons b1 et b2 à presser ensemble, un à chaque main. L'équation combinatoire devient :
Un voyant d'alerte V doit s'allumer quand le carter est ouvert ou que l'arrêt d'urgence est actionné : V = c + au, soit, par De Morgan, V = c · au : le voyant est simplement l'inverse de la condition de sécurité.
En images
Pour aller plus loin
- ET = contacts en série, OU = contacts en parallèle, NON = contact fermé au repos.
- n entrées ⇒ 2ⁿ lignes de table de vérité.
- Équation = somme des produits des lignes où S = 1, puis simplification (a + a̅·b = a + b).
- De Morgan : le complément d'un ET est le OU des compléments, et réciproquement.
- Sécurité positive : arrêt d'urgence et protecteurs câblés en contacts à ouverture.
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