Aide-mémoire des calculs de construction mécanique
Les 14 calculateurs du site, rassemblés sur une page : ce qu’il faut saisir, la formule employée, et d’où elle vient. À imprimer pour l’atelier, ou à garder ouvert pendant une préparation de séance.
Chaque titre renvoie au calculateur, qui fait le calcul pour vos valeurs.
Tolérances générales ISO 2768
La tolérance qui s’applique à une cote non tolérancée du plan, selon la classe indiquée dans le cartouche (mK, fH…).
Ce qu’on saisit
- Cote nominale — mm
- Classe dimensionnelle (ISO 2768-1)
- Classe géométrique (ISO 2768-2)
- Longueur de l’élément, pour la rectitude et la perpendicularité — mm
Ce qu’on obtient
- Cote 50 ± (classe m) — mmplage 30 à 120 mm
- Rayon ou chanfrein de cette cote — mm
- Angle (petit côté = cote nominale)
- Rectitude et planéité sur 100 mm (classe K) — mm
- Perpendicularité sur 100 mm — mm
- Symétrie sur 100 mm — mm
- Battement circulaire — mm
Ce que l’outil ne fait pas : Ne concerne que les cotes SANS tolérance individuelle sur le plan. Une cote tolérancée explicitement prime toujours.
Source : ISO 2768-1 et 2768-2 — Tolérances générales — dimensions linéaires et angulaires, tolérances géométriques
Ajustements ISO 286
Les écarts d’un alésage et d’un arbre, puis le jeu ou le serrage mini et maxi de l’ajustement (H7/g6, H7/p6…).
Ce qu’on saisit
- Dimension nominale — mm
- Alésage
- Qualité de l’alésage
- Arbre
- Qualité de l’arbre
Ce qu’on obtient
- Alésage 40 H7 — µmIT7 = 25 µm
- Arbre 40 g6 — µmIT6 = 16 µm
- Ajustement H7/g6 — avec jeu — µm
Ce que l’outil ne fait pas : Alésages H et G, arbres d à p, qualités IT5 à IT11, jusqu’à 500 mm. Les autres lettres se lisent dans la norme.
Source : ISO 286-1 et 286-2 — Système de codification ISO pour les tolérances sur les dimensions linéaires — degrés IT et écarts fondamentaux
Couple de serrage d’une vis
La précharge visée et le couple à afficher sur la clé dynamométrique, selon le diamètre, la classe de la vis et l’état de lubrification.
Ce qu’on saisit
- Vis
- Classe de qualité (ISO 898-1)
- Précharge, en % de la limite d’élasticité — %70 % est la valeur courante ; 90 % pour un serrage contrôlé à l’angle.
- Coefficient de couple K (frottement)
Ce qu’on obtient
- Couple de serrage T = K · F · d — N·m
- Précharge F — kN70 % × 640 MPa × As
- Section résistante As — mm²π/4 · ((d2 + d3)/2)², d2 = 9,026, d3 = 8,16
- Limite d’élasticité Rp0,2 — MPa
Ce que l’outil ne fait pas : Filetage métrique pas gros, vis en acier. Ne remplace ni la notice du constructeur ni un serrage à l’angle quand il est prescrit.
Sources : ISO 898-1 — Caractéristiques mécaniques des éléments de fixation en acier — classes de qualité · VDI 2230 — Calcul systématique des assemblages boulonnés — formule T = K·F·d
Perçage avant taraudage et trou de passage
Le foret à prendre avant de tarauder un trou métrique, et le diamètre du trou de passage d’une vis, série fine, moyenne ou large.
Ce qu’on saisit
- Filetage
- Pas
Ce qu’on obtient
- Foret avant taraudage M8 × 1.25 — mmD = d − p (taraudage à 75 % environ du profil)
- Trou de passage, série fine (H12) — mm
- Trou de passage, série moyenne (H13) — mmla série courante en atelier
- Trou de passage, série large (H14) — mm
Ce que l’outil ne fait pas : Règle D = d − p valable pour les taraudages courants dans l’acier et l’aluminium ; les matières dures ou les filetages roulés demandent la table du fabricant de tarauds.
Sources : ISO 261 et ISO 262 — Filetages métriques ISO — dimensions et pas · ISO 273 — Trous de passage pour vis — séries fine, moyenne et large
Vérin : force et vitesse
La force en poussée et en traction d’un vérin, et sa vitesse de sortie selon le débit qui l’alimente.
Ce qu’on saisit
- Alésage (diamètre du piston) — mm
- Diamètre de tige — mm
- Pression — bar
- Débit — L/min
Ce qu’on obtient
- Force en poussée F = p · S — kNS = 1 963 mm², 1 bar = 0,1 N/mm²
- Force en traction (section annulaire) — kNS − s = 1 348 mm²
- Vitesse de sortie v = Q / S — m/s170 mm/s
- Vitesse de rentrée — m/s
- Puissance hydraulique P = p · Q / 600 — kW
Ce que l’outil ne fait pas : Forces théoriques, sans frottement ni contre-pression. Pour le dimensionnement, appliquer le coefficient de sécurité du constructeur.
Sources : Vérin — Wikipédia — force théorique et vitesse d’un vérin · Pression — Wikipédia — 1 bar = 10⁵ Pa = 0,1 N/mm²
Conditions de coupe
La fréquence de rotation et la vitesse d’avance à afficher sur la machine, en tournage ou en fraisage, à partir de la vitesse de coupe de la matière et de l’outil.
Ce qu’on saisit
- Opération
- Matière usinée
- Outil
- Vitesse de coupe, si vous avez celle du fabricant (0 = valeur indicative) — m/min
- Diamètre D — mm
- Avance par tour (tournage) ou par dent (fraisage) — mm
- Nombre de dents (fraisage)
- Longueur à usiner — mm
Ce qu’on obtient
- Fréquence de rotation N = 1000 · Vc / (π · D) — tr/min
- Vitesse d’avance Vf = N · fz · z — mm/min
- Vitesse de coupe retenue — m/min
- Temps de coupe pour 100 mm — min5 s, hors approches et retraits
Ce que l’outil ne fait pas : Les vitesses de coupe proposées sont des repères d’atelier ; la nuance de plaquette, la lubrification et la rigidité de la machine les font varier du simple au double.
Sources : Vitesse de coupe — Wikipédia — définition, relation avec la fréquence de rotation · Usinage — Wikipédia — paramètres de coupe
Durée de vie d’un roulement (L10)
La durée de vie nominale d’un roulement, en millions de tours et en heures, à partir de sa charge dynamique de base et de la charge équivalente qu’il subit.
Ce qu’on saisit
- Charge dynamique de base C (catalogue) — kN
- Charge dynamique équivalente P — kN
- Type de roulement
- Fréquence de rotation — tr/min
Ce qu’on obtient
- Durée de vie nominale L10 = (C/P)^p — millions de tours
- Durée de vie à 1 500 tr/min — heures2,2 années à 8 h par jour, 220 jours par an
- Rapport C/P
Ce que l’outil ne fait pas : L10 est la durée atteinte par 90 % des roulements identiques, sans facteur de fiabilité ni de lubrification (a1, aISO). La charge équivalente P se calcule d’abord avec les facteurs X et Y du catalogue.
Source : ISO 281 — Roulements — charges dynamiques de base et durée nominale
Flexion d’une poutre
Le moment fléchissant maximal, la contrainte et la flèche d’une poutre dans les trois cas d’école, section rectangulaire ou ronde.
Ce qu’on saisit
- Cas de charge
- Longueur (portée) — mm
- Charge F, ou q en N/mm si répartie — N
- Section
- Largeur b (rectangle) ou diamètre D (rond) — mm
- Hauteur h (rectangle, dans le sens de la charge) — mm
- Module d’Young E — MPaAcier 210 000 ; aluminium 70 000 ; bois 10 000.
- Limite d’élasticité Re — MPa
Ce qu’on obtient
- Moment fléchissant maximal — N·mMmax = F·L/4 ; f = F·L³/(48·E·I)
- Contrainte normale maximale σ = M·v/I — MPa
- Coefficient de sécurité Re/σ
- Flèche maximale — mmL/2 722
- Moment quadratique I — mm⁴b·h³/12
Ce que l’outil ne fait pas : Théorie des poutres, petites déformations, matériau homogène. Les concentrations de contrainte (perçages, épaulements) ne sont pas prises en compte.
Sources : Flexion (matériau) — Wikipédia — contrainte et flèche des cas classiques · Moment quadratique — Wikipédia — sections usuelles
Développé d’un pli
La longueur de tôle à plat pour obtenir deux ailes pliées, avec la perte au pli calculée sur la fibre neutre.
Ce qu’on saisit
- Aile A, cote extérieure — mm
- Aile B, cote extérieure — mm
- Épaisseur — mm
- Rayon intérieur de pliage — mm
- Angle de pliage (90 = équerre) — °
- Facteur K (position de la fibre neutre)0,33 quand R < 2e, 0,5 quand R > 2e ; 0,4 est le repère courant en tôlerie fine.
Ce qu’on obtient
- Longueur développée L = A + B − 2·retrait + BA — mm
- Allongement au pli BA (fibre neutre) — mmangle(rad) × (R + K·e)
- Retrait par aile (R + e)·tan(angle/2) — mm
- Position de la fibre neutre depuis l’intérieur — mm
Ce que l’outil ne fait pas : Le facteur K dépend de la matière, du rayon et de l’outillage : le bon réflexe est un pli d’essai mesuré, puis K ajusté.
Source : Pliage (métallurgie) — Wikipédia — développé et fibre neutre
Engrenage cylindrique droit
Les diamètres, l’entraxe, le rapport et les vitesses d’un engrenage à denture droite, à partir du module et des nombres de dents.
Ce qu’on saisit
- Module — mm
- Nombre de dents du pignon (menant)
- Nombre de dents de la roue (menée)
- Fréquence de rotation du pignon — tr/min
- Couple sur le pignon — N·m
Ce qu’on obtient
- Rapport de réduction i = Z2/Z1
- Entraxe a = m·(Z1 + Z2)/2 — mm
- Diamètres primitifs d = m·Z — mm
- Diamètres de tête da = d + 2m — mm
- Diamètres de pied df = d − 2,5m — mm
- Pas p = π·m — mm
- Fréquence de rotation de la roue — tr/min
- Couple sur la roue (sans pertes) — N·m
Ce que l’outil ne fait pas : Denture droite normale sans déport, angle de pression 20°. La résistance de la denture (Lewis, ISO 6336) n’est pas calculée ici.
Sources : Engrenage — Wikipédia — module, denture droite, entraxe · ISO 54 — Engrenages cylindriques — modules normalisés
Correction d’usure
La correction à saisir dans le correcteur d’usure après avoir mesuré une pièce : elle ramène la cote au milieu de la tolérance.
Ce qu’on saisit
- Ce que vous avez mesuré
- Cote nominale — mm
- Écart supérieur — mmØ20 g6 : −0,007
- Écart inférieur — mmØ20 g6 : −0,020
- Cote mesurée — mm
Ce qu’on obtient
- Correction à saisir sur X (au diamètre) — mmcible − mesurée
- Cote visée (milieu de la tolérance) — mm20 + (-0,007 + -0,02) / 2
- Écart de la pièce par rapport à la cible — mm
- Limites de la tolérance — mmpièce dans la tolérance
Ce que l’outil ne fait pas : Suppose une pièce mesurée à 20 °C avec un instrument adapté, et une dérive due à l’usure. Une dérive brutale (plaquette cassée, pièce mal bridée) ne se corrige pas : elle se cherche.
Sources : Ajustement — Wikipédia — écarts, intervalle de tolérance, système ISO · Usinage — Wikipédia — machines-outils à commande numérique
Rugosité théorique en tournage
La rugosité que laissent l’avance et le rayon de bec de la plaquette, et l’avance maximale pour viser un Ra.
Ce qu’on saisit
- Avance par tour f — mm/tr
- Rayon de bec r
- Ra à obtenir (0 = pas de cible) — µm
Ce qu’on obtient
- Rt ≈ f² / (8 r) — µm
- Ra ≈ f² / (32 r) — µm
- Avance maximale pour Ra 0,8 µm (théorique) — mm/tr
Ce que l’outil ne fait pas : Tournage avec plaquette à rayon de bec, avance petite devant le rayon. Ne s’applique ni aux plaquettes « wiper », ni au fraisage.
Sources : État de surface — Wikipédia — Ra, Rz, mesure de la rugosité · Tournage — Wikipédia — avance, plaquettes, finition
Courant d’un moteur triphasé
Le courant nominal d’un moteur asynchrone à partir de sa plaque, comparé aux courants mesurés à la pince sur les trois phases.
Ce qu’on saisit
- Puissance utile (plaque) — kW
- Tension entre phases du réseau — V
- Facteur de puissance cos φ (plaque)
- Rendement η (plaque ou fiche constructeur) — %
- Courant mesuré, phase 1 (0 = pas de mesure) — A
- Courant mesuré, phase 2 — A
- Courant mesuré, phase 3 — A
Ce qu’on obtient
- Courant nominal I = P / (√3 · U · cos φ · η) — A
- Puissance absorbée P / η — kW
Ce que l’outil ne fait pas : Moteur asynchrone triphasé alimenté par le réseau, sans variateur. Mesures à la pince ampèremétrique, un seul conducteur dans la pince, moteur en régime établi.
Sources : Machine asynchrone — Wikipédia — principe, plaque signalétique, puissance · Courant triphasé — Wikipédia — tensions simples et composées, puissance
Masse d’une pièce
Le volume et la masse d’une plaque, d’une barre ou d’un tube, trous déduits, pour une pièce et pour un lot.
Ce qu’on saisit
- Forme
- Matière
- A — longueur (plaque) — mm
- B — largeur (plaque) — mm
- C — épaisseur (plaque) — mm
- D — diamètre extérieur (barre, tube) — mm
- d — diamètre intérieur (tube) — mm
- L — longueur (barre, tube) — mm
- Trous à déduire : nombre
- Trous à déduire : diamètre — mm
- Trous à déduire : profondeur — mm
- Quantité du lot — pièces
Ce qu’on obtient
- Masse d’une pièce — kg144 cm³ × 7,85 g/cm³
- Masse du lot de 50 — kg
- Volume (A × B × C) — cm³
Ce que l’outil ne fait pas : Formes simples. Une pièce compliquée se décompose en volumes simples que l’on additionne ou retranche, comme les trous.
Sources : Masse volumique — Wikipédia — définition, unités, valeurs usuelles · Volume — Wikipédia — volumes des solides usuels